Ballaghmor Class a officiellement pris sa retraite à Burghley

Ballaghmor Class, l’un des chevaux les plus marquants de l’histoire du concours complet, a officiellement pris sa retraite lors d’une cérémonie organisée dimanche à Burghley. 

Avec Oliver Townend, le gris s’est imposé deux fois dans ce CCI 5*-L, et il a aussi remporté ceux du Kentucky et du Maryland. Le couple a également contribué au titre olympique par équipes de la Grande-Bretagne à Tokyo. Vainqueur de Burghley dès son premier CCI 5*, en 2017, Ballaghmor Class a ensuite enchaîné dix classements parmi les cinq premiers à ce niveau et treize cross sans faute aux obstacles. À l’occasion des adieux de son partenaire, Oliver Townend est revenu auprès du journaliste Andrew Baldock sur leur premier succès à Burghley.

“Lorsque je suis sorti du dressage au CCI 4*-S de Burnham Market au printemps 2017, je ne sais pas ce qui s’est déclenché dans mon esprit, j’ai simplement eu le sentiment que nous irions à Burghley avec lui cette année-là”, s’est rappelé l’ancien numéro un mondial. “C’est véritablement à ce moment-là que tout a commencé. Il m’avait procuré une sensation en dressage qui me laissait penser que nous ne serions pas loin d’être compétitifs. De mon côté, j’avais également compris que le cross allait devenir son principal point fort. J’ai eu l’impression d’arriver à Burghley avec un secret, c’était étrange! Thomas (le surnom du hongre, ndlr)manquait encore de maturité sur le plat. Les changements de pied n’étaient absolument pas acquis et je me souviens avoir poursuivi leur apprentissage pendant la détente à Burghley. Cela paraît fou. Je pensais que, si nous terminions parmi les six premiers après le dressage, nous pourrions nous imposer. À ce stade, nous étions sixièmes et je me suis donc dit que nous étions dans le coup.

Ensuite, j’ai laissé mon cheval entrer progressivement dans son parcours de cross. Il possède une amplitude considérable et je tenais donc vraiment à ne pas partir trop rapidement. Une bonne partie du temps, c’était en partie lui qui contrôlait les choses! J’ai pris mes repères pendant la première partie du parcours. À peu près à mi-parcours, j’ai appuyé sur l’accélérateur et sa réponse ne ressemblait à rien de ce que j’avais pu ressentir auparavant. C’était comme passer d’une belle voiture à une Formule 1! Nous avons terminé avec une seconde de dépassement de temps, mais cette seconde venait probablement du fait que j’essayais de ne pas me laisser emporter. Dès que je l’ai laissé avancer, j’ai passé tout le reste du parcours à penser : ‘Doucement, doucement, doucement.’ Lorsque vous ressentez cela à l’abord des obstacles de Burghley, vous savez que vous avez vraiment un cheval exceptionnel sous la selle.

Les écarts étaient très faibles en tête avant le saut d’obstacles, mais le cheval qui me précédait a renversé une barre, ce qui me donnait le droit d’en faire tomber une à mon tour. La victoire était loin d’être acquise, mais j’ai dit à Ian Stark avant d’entrer en piste que, quoi qu’il arrive ce jour-là, je pensais qu’il s’agissait de l’un des meilleurs chevaux que j’aie jamais montés.

Ensuite, il m’a fallu beaucoup de temps pour réaliser ce qui venait de se passer, notamment car huit années s’étaient écoulées depuis ma précédente victoire dans un CCI 5*-L.”