“Sertorius n’est pas blasé et a toujours envie”, Pauline Basquin
Auteure d’un Grand Prix jugé à 68,696% hier aux Mondiaux d’Aix-la-Chapelle, Pauline Basquin a fait le point sur sa prestation avec Sertorius de Rima*IFCE, qui ne lui permettra pas d’accéder au Grand Prix Spécial demain:
Qu’avez-vous pensé de votre Grand Prix, noté à 68,696% avec Sertorius de Rima Z*IFCE?
Je suis assez contente de mon cheval parce qu’on sait que, cette année, tout n’a pas été rose. Aujourd’hui, je l’ai trouvé plutôt connecté. Je suis un peu déçue de la note. Je connais bien mon cheval et je sais qu’avec la partie au trot, j’étais apparemment à peine à 70% à la fin. D’habitude, il est plutôt autour de 74%. C’est comme ça, c’est le sport. C’est un peu décevant, mais je suis néanmoins fière de mon cheval.
Au galop, il a eu une petite hésitation à la fin du zig-zag. Il a regardé la caméra et nous ne nous sommes pas trop compris. Je ne lui en veux pas, comme tous les chevaux, il peut avoir ses émotions et ses peurs. Il est rentré sur la piste un peu ému et regardait notamment les drapeaux qui flottaient. Malgré cela, il est resté avec moi. Sur la pirouette à droite, il est reparti en avant et je n’ai pas réussi à le récupérer. Il faisait chaud et nous arrivions en fin de reprise. Nous savons que la pirouette à droite n’est pas son mouvement le plus facile. En dehors de cela, je n’ai pas grand-chose à lui reprocher.
Lors du deuxième piaffer, au moment de la transition au passage, il semblait presque gêné. Avez-vous eu cette sensation ?
Oui, d’autant qu’il ne sait pas faire de crottin en avançant, donc je pense que ça l’a un peu gêné. Lors du premier piaffer, il était bien axé. Sur le deuxième, à la fin du pas, je l’ai senti se caler, puis il s’est carrément arrêté au même endroit. Peut-être que j’ai mis un peu trop de pression à cet endroit-là ou que quelque chose l’a gêné, je ne sais pas. En tout cas, ce n’était pas volontaire et il était visible qu’il voulait faire son crottin.
“En tirer les conclusions pour continuer d’avancer”
Quel bilan tirez-vous des résultats de l’équipe de France, seizième sur dix-neuf équipes ?
Nous sommes évidemment un peu en dessous des performances que nous aurions aimé réaliser. C’est ainsi, c’est le sport, mais aussi une belle expérience. Notre équipe est assez soudée et nous nous entraidons beaucoup. Alizée (Roussel, ndlr) a signé une très belle reprise hier pour son premier championnat. Bertrand (Liégard, ndlr), Alex (Alexandre Ayache, ndlr) et moi en avions déjà disputé plusieurs, mais pour elle, c’était une première. Elle n’a pas non plus participé à beaucoup de Coupes des nations ou de concours en équipe, donc arriver directement aux championnats du monde, chapeau ! Elle a vraiment assuré hier. Je pense que notre cohésion l’a aussi aidée, parce que nous sommes vraiment très soudés tous les quatre. Cela reste un beau championnat. Alors certes, les résultats ne sont pas ceux que nous espérions, mais il y a une très belle ambiance d’équipe. Nous ne lâchons rien et allons en tirer les conclusions pour continuer d’avancer et essayer de retrouver les résultats que nous avions il y a deux ou trois ans.
Comment envisagez-vous la suite avec Sertorius de Rima Z*IFCE?
Il va déjà avoir un peu de repos. Après, nous verrons si nous participons à quelques étapes de la Coupe du monde, peut-être Lyon, puis éventuellement Bordeaux. Il a désormais seize ans, et aujourd’hui était aussi un peu un test pour voir s’il avait encore envie de jouer. Je crois qu’il a montré que c’était le cas. Je ne l’ai pas du tout senti fatigué et, surtout, je n’ai pas senti qu’il n’avait plus envie. L’idée est plutôt de le préserver. Il va bien en ce moment. À la maison, c’est beaucoup mieux que l’année dernière. Il est bien physiquement, donc l’objectif est de continuer à le préserver et d’avancer jusqu’à ce qu’il nous dise qu’il en a marre. Mais clairement, aujourd’hui, il n’a pas montré que c’était le cas.
Avez-vous eu l’impression de retrouver complètement votre cheval aujourd’hui?
Oui. J’ai aussi senti que les grandes pistes comme celle-ci lui avaient manqué. Il était un peu ému en entrant, avec cette véritable ambiance de grand concours. Quand on participe aux étapes de la Coupe du monde, on retrouve ce genre d’atmosphère, assez rare. Mais au moins, cela prouve qu’il n’est pas blasé et qu’il a toujours envie.
Outre Sertorius de Rima Z*IFCE, pouvez-vous compter sur des chevaux susceptibles de prendre la relève ?
Je ne sais pas encore. Oui, j’ai de bons chevaux, mais tant qu’on n’est pas arrivé au salut final d’un Grand Prix, on ne sait pas s’ils seront capables d’aller jusque-là. Cela dépend aussi du mental ou du physique. On verra.

