Que peut attendre la France des Mondiaux d’Aix-la-Chapelle ?
Vingt ans après les Jeux équestres mondiaux de 2006 et onze ans après les championnats d’Europe de 2015, Aix-la-Chapelle renoue avec les grands rendez-vous. À partir d’aujourd’hui et jusqu’au 23 août, le complexe équestre de la Soers accueille les championnats du monde, qui réuniront six disciplines sous un même toit: dressage, concours complet, voltige, saut d’obstacles, para-dressage et attelage. Pour les Bleus, l’enjeu dépasse largement le simple tableau des médailles: dans les quatre disciplines olympiques et paralympique, ces Mondiaux ouvrent officiellement la route vers Los Angeles 2028, les meilleures nations validant leur ticket direct pour les Jeux. Discipline par discipline, tour d’horizon des chances françaises.
En concours complet, l’équipe de France loge dans le wagon de tête
Pour son premier Mondial en tant que sélectionneur des Bleus, Jean-Luc Force a construit un collectif taillé pour viser un podium autant que la qualification olympique directe pour Los Angeles 2028, que décrocheront les sept meilleures nations – sans compter les États-Unis, déjà qualifiés en tant que nation hôte. En effet, même si l’on ne connaît pas encore l’identité du couple qui s’élancera en individuel, avec Nicolas Touzaint sur Diabolo Menthe, Alexis Goury avec Je’Vall, Benjamin Massié et Figaro Fonroy, Gaspard Maksud associé à Zaragoza et Astier Nicolas sur Alertamalib’Or, l’équipe de France peut compter sur des duos solides. La Grande-Bretagne, portée par des valeurs sûres comme Rosalind Canter et Lordships Graffalo, Laura Collett et London 52 ou Tom McEwen et JL Dublin, reste la grande favorite par équipes, mais les Bleus ont largement les moyens de se hisser sur la boîte.
En individuel, Nicolas Touzaint aborde ces Mondiaux avec Diabolo Menthe, déjà médaillé d'argent par équipes aux Jeux olympiques de Paris 2024 et fraîchement sacré champion de France; le couple a clairement le profil pour se mêler à la lutte pour les médailles individuelles. Alexis Goury, sixième et auteur de la meilleure performance française aux Européens de Blenheim l’an dernier, a confirmé qu’il était tout aussi en forme cette saison avec Je’Vall, tout comme Benjamin Massié et Figaro Fonroy, qui avaient également terminé dans le Top dix à Blenheim et semblent observer la même dynamique. Gaspard Maksud, associé à Zaragoza, plutôt consacrée aux CCI 5*-L ces dernières saisons, pourrait également avoir une carte à jouer cette semaine. Astier Nicolas n’a pas dit son dernier mot non plus avec son inoxydable Anglo-Arabe Alertamalib’Or, aux rênes duquel il avait fini cinquante-deuxième des Mondiaux de Pratoni en 2022 et seizième des Européens de Blenheim l’année dernière. Le complétiste a toutefois précisé ne pas se fixer “d’objectif individuel, car [son] intention est avant tout de servir l’équipe”.
Médaillés d’argent par équipes aux Jeux olympiques de Paris 2024, Nicolas Touzaint et Diabolo Menthe font partie des meilleures chances tricolores pour une médaille individuelle.
© Dirk Caremans/Hippo Foto
Une razzia de médailles se profile en voltige
En voltige, dire que la France dispose de bonnes chances de médailles est un euphémisme… Chez les hommes, en individuel, le champion d’Europe en titre Quentin Jabet, qui sera accompagné d’Estado*IFCE et de Loïc Devedu à la longe, fait figure de favori incontestable. Ses jeunes compatriotes Dorian Terrier, qui formera un trio avec Corazon Gran et Benita Golze, et Ruben Delaunay, dont l’Orlof de Condé sera longé par Yannick Kersulec, sont en pleine ascension et vont sans doute viser un podium.
La France sera représentée en Pas de Deux pour la première fois depuis près de dix ans. Le binôme formé par Noëly Thibaudat et Théo Gardies, dont le partenaire, Sir Sensation, sera longé par Sirine Abousaïd, pourrait bien faire des étincelles. Pour le champion du monde individuel en titre Théo Gardies, ce championnat aura des allures de dernier grand défi. De quoi laisser imaginer que le duo tricolore n’aura rien à perdre et jouera crânement ses chances de médaille.
Enfin, l’épreuve par équipes mixtes mérite une attention particulière, avec la présence un peu surprise de Lambert Leclezio, champion du monde par équipes il y a quatre ans à Herning, et cette fois associé à Jeanne Braun, Ruben Delaunay, Quentin Jabet, Tom Menand et Dorian Terrier, tous longés par Sirine Abousaïd sur Fürst Fridolin*HDC.
Emmenée notamment par Quentin Jabet, champion d’Europe en titre, la voltige française peut prétendre à une véritable moisson de médailles.
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En saut d’obstacles, Nina Mallevaey cristallise les espoirs de médaille individuelle
En saut d’obstacles, la France aligne Julien Épaillard et Fringan de Vesquerie, Antoine Ermann et Floyd des Prés, Nina Mallevaey et Dynastie de Beaufour, ainsi qu’Olivier Perreau et GL events Dorai d’Aiguilly, tandis que Kevin Staut et Exquis RB complètent la sélection en réserve. Sur le papier, une médaille par équipes reste parfaitement atteignable, mais les Bleus évoluent plutôt dans la deuxième catégorie de nations, derrière l’Allemagne, ultra-favorite à domicile, la Grande-Bretagne et l’Irlande. L’équipe française affiche malgré tout de solides atouts, un bon état d’esprit une vraie expérience collective, la majorité des cavaliers sélectionnés ayant déjà couru ensemble les Européens de La Corogne l’an dernier.
En individuel, les espoirs reposent clairement sur Nina Mallevaey et Dynastie de Beaufour, très en forme cette saison et parfaitement capables d’aller au bout du défi. Les deux Françaises, qui figurent incontestablement parmi les plus attendus, pourraient devenir le troisième couple français à être sacré champion du monde… Olivier Perreau et GL events Dorai d’Aiguilly, qui avaient prouvé leur capacité à encaisser les efforts en terminant huitièmes des Européens de Milan en 2023, vont eux aussi avoir une carte à jouer en fonction de leur état de forme. Ayant disputé ses trois derniers grands championnats avec une monture différente à chaque fois, Julien Épaillard sera lui justement intéressant à suivre car associé pour la première fois en championnat à un cheval relativement inexpérimenté. Du côté de Floyd des Prés et d’Antoine Ermann, l’enjeu pour obtenir un bon accessit sera de passer le cap dès la première journée sur l’épreuve de vitesse, qui constituera probablement le plus gros défi du couple. Comme pour le complet, l’enjeu de la qualification olympique pour Los Angeles 2028 pèse lourd dans la balance, et les Bleus devront terminer parmi les sept meilleures nations, face à un plateau record de trente et une équipes engagées.
Habitués des grands championnats, Olivier Perreau et GL events Dorai d’Aiguilly auront une carte à jouer, individuellement comme par équipes.
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Des médailles à la portée de plusieurs Français en para-dressage
Championne d’Europe en titre en Grade V avec son Sultan 768, Alexia Pittier pourra légitimement viser des médailles la semaine prochaine, tout comme Vladimir Vinchon et son fidèle complice Pégase*Mayenne, même si la concurrence s’annonce rude dans toutes les catégories. Chiara Zenati avait aussi prouvé sa valeur aux Européens de Riesenbeck 2023 en remportant deux médailles d’argent en individuel avec Swing Royale*IFCE. Elle disputera cette fois son deuxième championnat aux rênes de Zeus de Malleret*IFCE. Pour Vincent Brunet, associé à Drazic, l’équation sera plus délicate à résoudre: il disputera à Aix-la-Chapelle son tout premier championnat. Par équipes, il faudra tâcher de finir dans le top 7 pour obtenir une qualification pour les Jeux paralympiques.
Plusieurs couples expérimentés seront de la partie.
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En dressage, l'objectif prioritaire reste la qualification olympique
En dressage, objectivement, aucune médaille n’est à attendre pour la France, ni par équipes ni en individuel. Atteindre le Top six du classement des nations, synonyme de qualification direction pour les Jeux olympiques, semble également difficile: l’équipe reste hétérogène, entre couples expérimentés et cavaliers qui découvriront leur tout premier grand championnat, à l’image d'Alizée Roussel, qui sera juchée sur Bel Amour. Alexandre Ayache et Ruling Olivia disputeront leur deuxième grand rendez-vous après avoir fini trente-neuvième des Européens de Crozet l’année dernière, tout comme Bertrand Liégard et Ginger, quarante-cinquièmes dans l’Ain. La concurrence s’annonce très relevée, notamment du côté de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne et du Danemark, mais aussi de la Belgique, emmenée par les doubles champions d’Europe Justin Verboomen et Zonik Plus.
En individuel, la France espère voir Pauline Basquin, avec son fidèle Sertorius de Rima*IFCE, se qualifier pour le Grand Prix Spécial, réservé aux trente meilleurs couples au classement, voire pour la Libre, ouverte aux dix-huit meilleurs seulement. L’écuyère du Cadre noir de Saumur et son cheval forment le couple le plus expérimenté de la délégation tricolore, seuls Français à avoir atteint la Libre aux Jeux de Paris.
Pauline Basquin et son fidèle Sertorius de Rima*IFCE formeront le couple tricolore le plus expérimenté.
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Une médaille se mérite en attelage, mais n'est pas hors de portée
Trois meneurs habitués de la compétition internationale, Benjamin Aillaud, Anthony Hordé et Maxime Maricourt, seront à Aix-la-Chapelle, rejoints par Franck Grimonprez, qui découvre l’attelage à quatre chevaux après une belle carrière en paire; les trois meneurs retenus pour le classement par équipes seront désignés après l’inspection vétérinaire. La concurrence est rude, avec l’Allemagne, les Pays-Bas, la Belgique, la Hongrie ou encore l’Australie solidement installées devant. À vue de nez, une médaille semble compliquée à aller chercher pour la France. Mais les Bleus, réguliers sur le marathon et la maniabilité, avaient déjà terminé quatrièmes des Mondiaux de Pratoni en 2022 et des Européens d’Exloo en 2023. La marche n’est donc pas si haute, et une bonne surprise n'est jamais à exclure.
Face à une concurrence relevée, les Bleus tenteront de franchir un cap en attelage.
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