Matelot du Grand Val, le dernier grand partenaire de Jean Teulère, s’est éteint

Le nom de Matelot du Grand Val (SF, Éveil de la Cour x African Joy) restera indissociable de celui de Jean Teulère, son complice sur les plus beaux terrains du concours complet mondial. Le bai s’est éteint la nuit dernière à vingt-six ans, après huit années de retraite paisible passées chez son co-propriétaire, Christophe Dubois.

Arrivé chez Jean Teulère pour prendre la relève du champion du monde Espoir de la Mare, Matelot n’a pas tardé à s’imposer. Sacré champion de France Pro Élite à Pompadour en 2009, il a ensuite accompagné son cavalier lors des plus grands rendez-vous. Matelot s’est élancé à trois reprises à Badminton, dont la dernière fois à dix-sept ans, mais aussi à Burghley, à Blenheim, où il a décroché une remarquable deuxième place dans le CCI 4*-L en 2013, et aux Jeux équestres mondiaux de Normandie en 2014, où le duo avait connu une désobéissance lors du cross.

Cet atelier restait pourtant le préféré du Selle Français. “Il avait des qualités exceptionnelles pour le cross et était l’un des meilleurs dans cette phase test”, se souvient Christophe Dubois, qui évoque “une franchise hors-norme, une classe de galop comme on en voit rarement, ainsi qu’un courage impressionnant”.

Doté de beaucoup de sang et d’un caractère affirmé, Matelot n’était pas le complice le plus simple à monter. “Chez les meilleurs chevaux, souvent, certains traits de caractères sont poussés à l’extrême; c’est ce qui fait leur qualité”, observe Jean Teulère. “Matelot avait un grand cœur et beaucoup de sang, mais il était parfois difficile à gérer. Savoir s’adapter à son partenaire est crucial, et avec lui, j’ai beaucoup dû réfléchir pour que nous nous comprenions.” Parmi les souvenirs qu’il conserve du bai, ceux de leur épopée à Badminton en 2016, où ils étaient passés à une petite seconde du “maxi”, occupe une place particulière. “Pendant le cross, tout s’est enchaîné parfaitement, presque comme dans un rêve”, décrit le champion olympique par équipes de 2004. “Nous avons vraiment vibré à Badminton, où Matelot s’était montré tout à fait à l’aise du début à la fin”, ajoute Christophe Dubois, qui avait évidemment faite le déplacement dans le domaine des ducs de Beaufort.

À la retraite, Matelot avait conservé sa forte personnalité, et continuait à dominer son petit univers. “Il s’était tout de suite imposé comme le ‘patron’ de ses compagnons, même s’il restait incroyablement respectueux avec nous”, sourit Christophe Dubois.




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