“En 2022, j’aurais vécu une deuxième place aux Mondiaux comme un échec”, Henrik von Eckermann
Double champion du monde en titre pour quelques semaines encore, Henrik von Eckermann prendra part aux Mondiaux d’Aix-la-Chapelle avec Minute Man, né O’Neill van het Eingelo. L’ancien numéro un mondial se confie quant à ses souvenirs aux championnats du monde de Herning avec King Edward et se projette vers ceux à venir, qu’il vivra dans toutes autres circonstances.
À Herning, il y a quatre ans, King Edward et vous aviez remporté les titres mondiaux par équipes et en individuel. Quels souvenirs conservez-vous des ces championnats?
C’était incroyable. La veille du début de la compétition, j’étais devenu numéro un au classement mondial, et nous avons pu célébrer deux titres mondiaux la même semaine. Réussir ce doublé m’a procuré un sentiment très spécial, mais cela a aussi constitué un soulagement. King Edward et moi étions arrivés avec le statut de favoris, King étant alors au sommet de sa carrière. Mentalement, gagner était la seule option possible, et j’aurais vécu une deuxième place comme un échec. Heureusement, tout s’est bien passé.
Dans moins d’un moins, les championnats du monde de jumping seront de retour à Aix-la-Chapelle vingt ans après les prestigieux JEM accueillis dans la cité de Charlemagne. Que cela vous inspire-t-il?
C’est tout simplement fantastique! J’avais suivi les JEM de 2006 et j’ai toujours rêvé d’être à la place des cavaliers qui y ont pris part. J’espère que tout se passera bien pour nous pendant cette semaine, mais avant tout, je suis vraiment impatient de prendre part à ce ces championnats. J’adore entrer sur cette piste où l’atmosphère est toujours rendue incroyable par les dizaines de milliers de spectateurs présents. Le public est toujours fantastique à Aix. On ressent que l’élite mondiale est chez elle dans ce stade. Aix-la-Chapelle est tout simplement la Mecque de notre sport, il n’y a rien de comparable. Tout ce qui se passe en coulisses est également organisé à la perfection, offrant les meilleures conditions possibles pour les chevaux, les cavaliers, les grooms, etc.
Quels seront vos objectifs sportifs?
Je suis très prudent lorsqu’il s’agit de me fixer des objectifs et les circonstances sont très différentes aujourd’hui de ce qu’elles étaient il y a quatre ans. King Edward était clairement le favori des Mondiaux il y a quatre ans, alors que cette fois, je vais concourir avec Minute Man (ex- O’Neill van’t Eigenlo), un cheval qui a réalisé d’excellentes performances, a beaucoup de potentiel et présente de très grandes qualités, mais qui n’est pas vraiment au même niveau. J’avancerai donc parcours après parcours.
Quelles sont les particularités de Minute Man?
De l’extérieur, il semble très calme, mais en fait, il a beaucoup de tempérament et d’énergie. Minute Man est également extrêmement respectueux, ce qui fait de lui un cheval tout à fait adapté pour participer aux championnats du monde. Il faudra fournir beaucoup de sauts en quelques jours et comme c’est un cheval très régulier, j’espère pouvoir capitaliser là-dessus et le présenter au meilleur de sa forme à chaque manche. Toute la difficulté des championnats réside justement dans le fait de gérer idéalement son cheval pour sauter autant de parcours d’affilée. Si l’on pense à Herning, je n’ai gagné qu’avec une toute petite marge après avoir signé cinq sans-faute. Si j’avais fait tomber la moindre barre, j’aurais été relégué au deuxième ou au troisième rang.
Comment vous êtes-vous préparé pour les championnats du monde à Aix-la-Chapelle?
Dernièrement, j’ai monté Minute Man au CSIO 5* de Falsterbo et au CSI 5* de Riesenbeck, deux concours qui se déroulent également sur de grandes pistes en herbe. Nous n’avons évidemment pas d’autre piste comme celle d’Aix-la-Chapelle, mais Minute Man y a déjà concouru auparavant avec un autre cavalier (Willem Greve, ndlr) et à ce moment-là, il semblait être très sûr de lui. Après avoir terminé cinquième à Riesenbeck, je suis assez confiant quant à notre potentiel pour les Mondiaux.

