Alexandre Gauvin, un jeune cavalier au parcours trinational atypique
Au mois d’avril dernier, Alexandre Gauvin a réussi l’une des plus belles performances de sa jeune carrière à l’occasion du CSIO Jeunes de Compiègne, organisé par les équipes de GRANDPRIX Events, où il a obtenu le meilleur résultat pour un cavalier tricolore dans le Grand Prix à 1,45m réservé aux Jeunes Cavaliers. Installé en Belgique mais résolument attaché aux couleurs tricolores, le cavalier de dix-neuf ans, qui a découvert l’équitation au Maroc, compte bien se professionnaliser et tenter sa chance pour accéder au plus haut niveau. Il reste toutefois lucide quant aux étapes qu’il lui reste à franchir.
Du Maroc, où il a habité durant huit ans, à la Belgique, où il est désormais installé, en passant par la France, où il a suivi l’essentiel de sa formation équestre, Alexandre Gauvin a déjà connu un parcours riche et atypique pour un jeune cavalier de dix-neuf ans. “J’ai découvert l’équitation enfant, au Maroc, dans le cadre de petites balades sur la plage”, entame le cavalier de jumping. “Lorsque je suis arrivé en France, j’ai continué à monter, notamment dans le cadre de colonies de vacances, grâce auxquelles j’ai pu passer mes trois premiers Galops”, poursuit-il. “Après cela, j’ai rejoint le club du haras de Chavenay, dans les Yvelines, avant que mes parents et moi n’achetions mon premier cheval. Par la suite, j’ai eu l’opportunité de passer mes Galops 6 et 7 au haras de Bazemont, chez Kevin Gauthier. Côté compétition, j’ai évidemment commencé en prenant part à de petites épreuves.”
“L’Académie Delaveau m’a ouvert énormément de portes”, Alexandre Gauvin
À seize ans, Alexandre Gauvin rejoint l’Académie Delaveau, fondée par Sabrine Delaveau et proposant des programmes de sport-études à destination des cavaliers de jumping à Deauville. Il y restera un an et demi. “J’y ai fait de grandes rencontres et cela m’a ouvert énormément de portes”, explique le Français à propos de Patrice Delaveau et surtout de Francis Mas, alors coach principal de la structure. “J’avais très peu de bases lorsque j’ai intégré l’Académie Delaveau. J’y ai appris beaucoup quant à tous les aspects de l’équitation, qu’il s’agisse de la compréhension du cheval, de leur gestion ou encore de certains aspects techniques. Francis Mas m’a beaucoup aidé et j’ai également appris à gérer la carrière de mes chevaux de manière optimale. La rigueur instaurée au sein de l’Académie m’a également été bénéfique.”
Après cette expérience formatrice, le cavalier poursuit son parcours au haras de Lécaude, propriété de la famille Giraud où est alors installé le cavalier normand Edward Levy. Là-bas, Francis Mas continue également à l’accompagner techniquement. C’est là qu’il rencontre Carlos O, le cheval avec lequel il va progressivement gravir les échelons pour évoluer en épreuves jusqu’à 1,45m. À Lécaude, il fait aussi la connaissance de Françoise Kloninger, professeure de dressage avec laquelle il travaillera durant plus de deux ans. Aujourd’hui, il conserve “une relation très forte avec elle, tant sur le plan personnel que professionnel.” “Nous avions mis en place un système très intéressant”, narre-t-il. Ensuite, le cavalier déménage au haras de la Chesnaye avant d’évoluer de manière indépendante pendant quelque temps, puis de rejoindre récemment la Belgique, où il travaille pour le Marocain Vincent Zacharias-Bourguignon. “Ce qui est drôle, c’est que j’ai vécu toute mon enfance au Maroc et que je travaille désormais pour un cavalier marocain”, s’amuse Alexandre Gauvin. En parallèle de sa carrière sportive, le Français a également validé un baccalauréat en Sciences et Techniques du Management et de la Gestion (STMG) ainsi que son Diplôme d’État de la Jeunesse, de l’Éducation Populaire et du Sport (DEJEPS). Si le Tricolore a raccourci son parcours scolaire, il l’a fait en pleine conscience: “Je me suis consacré le plus vite possible aux chevaux”, résume-t-il.
Des championnats d’Europe avortés
Alexandre Gauvin a fait l'acquisition de Carlos O.
© Collection privée
Grâce à Carlos O, qu’il monte depuis octobre 2024, Alexandre Gauvin a connu une progression notable ces douze derniers mois. “Avec Carlos, nous avons rapidement réussi à former un véritable couple. Grâce à lui, j’ai réussi des performances comme je n’en avais jamais réalisées avant”, explique le Français, qui a pu bénéficier de conseils de Marie Demonte et Mathieu Billot, les anciens cavaliers du hongre. “Je connais bien Mathieu Billot, car il est installé non loin de l’endroit où je travaillais en Normandie, et Françoise Kloninger travaillait également avec lui”, continue-t-il. “J’ai donc pu recevoir quelques conseils de sa part. Lorsque je croisais Marie en concours, elle regardait également un peu le cheval et me donnait des conseils”. Après avoir signé des sans-faute à 1,30m et 1,35m, la paire a rapidement atteint les épreuves à 1,40m. Dès leur première apparition dans une épreuve internationale de cette hauteur, lors d’un CSI 1* tenu à Deauville il y a un an, Alexandre Gauvin et Carlos O ont signé un parcours vierge de toute pénalité avant de monter sur le podium du Grand Prix du concours deux jours plus tard.
En avril dernier, le Tricolore a signé la meilleure performance de sa jeune carrière en signant un parcours à un point dans le Grand Prix à 1,45m de la ville de Compiègne, dédié aux Jeunes cavaliers du CSIO Jeunes de Compiègne, organisé par les équipes de GRANDPRIX Events. En se classant treizième, il a signé la meilleure performance française de cette épreuve. “J’étais ravi de réussir cette performance car le niveau du CSIO Jeunes de Compiègne est très relevé, notamment lors du Grand Prix”, observe Alexandre Gauvin. Aussi, notons que les deux complices ont hérité d'une brillante neuvième place finale lors des championnats de France Jeunes cavaliers au printemps des Sports équestres de Fontainebleau, alors qu'ils y affrontaient leurs premiers parcours à 1,50m. À l'occasion de la deuxième manche de la finale, la paire a bouclé son parcours avec un point de temps dépassé, comme lors de l'épreuve reine du CSIO Jeunes de Compiègne. “Je sais désormais que mon principal axe d’amélioration avec Carlos O réside dans la gestion du temps accordé.” Et de conclure quant à sa progression avec son meilleur partenaire: “Depuis cet hiver, j’ai le sentiment que nous franchissons vraiment un cap ensemble. Même si j’avais conscience qu’une participation aux championnats d’Europe Jeunes de Hagen n’était pas envisageable cette année, notre saison a de toute façon été interrompue par une mauvaise réaction de Carlos à l’administration de vaccins. Pour autant, j’espère avoir montré à notre sélectionneur (Olivier Bost, ndlr) que je peux être régulier et que certaines portes s’ouvriront à l’avenir. Quoi qu’il en soit, je veux avant tout consolider la belle progression que j’ai amorcée avec mon cheval cette année”, même s’il n’exclut pas une vente de son partenaire. “Pour l’instant, je ne peux compter que sur ce cheval, mais dans notre métier, il est important de former des montures puis de les vendre et je pense que chaque cavalier doit passer par cette étape. Si je reçois une belle offre pour lui, je devrai donc y réfléchir.”

