Le casse-tête de Scott Brash, les discriminations LGBTQ+ et le haras de Bossy au sommaire de GRANDPRIX
Les discriminations visant les personnes LGBTQ+ dans le monde équestre restent une réalité peu documentée. Dans ce numéro de mai, disponible en kiosques dès aujourd’hui, GRANDPRIX a décidé de consacrer un dossier spécial à celles et ceux dont les parcours témoignent d’avancées, mais aussi de résistances persistantes. Du récit intime du cavalier américain de haut niveau Quentin Judge aux témoignages d’amateurs confrontés à ces situations, en passant par une analyse des écarts de visibilité entre disciplines, ce numéro met en lumière un sujet longtemps resté en marge. L’actualité sportive n’est pas en reste entre les finales des Coupes du monde de Fort Worth, remportées par Kent Farrington et Becky Moody, les grandes ambitions du complétiste bordelais Benjamin Massié, le parcours singulier du dresseur d’ibériques Renaud Ramadier, et évidemment une analyse sur le casse-tête de luxe auquel fait face Scott Brash, en couverture de ce nouveau numéro. Disposant de quatre options pour les Mondiaux d’Aix-la-Chapelle, l’Écossais est sûrement l’un des mieux lotis du jumping mondial! La thématique élevage fait la part belle au développement du haras de Bossy, à l’influence grandissante de l’étalon de dressage Secret, sans oublier le rôle structurant du Selle Français à l’échelle internationale. Culture, style et enjeux de filière prolongent la réflexion, des chevaux célestes de la Chine aux problématiques très concrètes de gestion des sols et de coût de l’hébergement d’équidés à domicile.
DOSSIER
© Get The Gallop
Où en est l’inclusion des personnes LGBTQ+ dans le monde équestre ?
Alors que d’autres sports ont amorcé des réflexions, et parfois engagé des actions, en faveur de l’inclusion des personnes LGBTQ+, l’équitation semble relativement timide à cet égard même si elle figure parmi les disciplines comptant le plus d’athlètes olympiques assumant publiquement leur homosexualité. Malgré la persistance de situations discriminatoires et un relatif déficit de représentation, notamment en saut d’obstacles, nombre d’acteurs considèrent encore qu’il n’y a pas vraiment de sujet.
“Avouer qui j’étais vraiment a profondément bouleversé ma vie”, Quentin Judge
Marié avec son amour de jeunesse Cayce, avec laquelle il a eu deux enfants, jouissant d’une situation financière très confortable et athlète ayant représenté son pays au plus haut niveau, Quentin Judge avait tout pour lui. Tout, si ce n’est la sensation d’être en phase avec lui-même. Fin 2024, l’Étasunien n’a plus supporté la dualité qui le consumait et a ressenti l’urgence de faire son coming out homosexuel à ses proches, puis publiquement en story Instagram. Un acte ô combien courageux et pionnier pour un cavalier de saut d’obstacles évoluant jusqu’en 5*. À presque quarante ans, sous une administration Trump hostile aux minorités, Quentin Judge raconte la tempête qu’il a traversée, et tout ce qu’il a gagné à enfiler ses bottes de queer.
Aux écuries, les personnes homosexuelles s’affirment mais des discriminations perdurent
En France, les personnes homosexuelles peuvent-elles traverser l’allée des écuries la tête haute, sans craindre brimades, insultes, voire violences physiques? Parviennent-elles à s’épanouir dans leur centre équestre ou écurie, lieu à la fois de leur pratique sportive et de lien social? Comment mettre un terme aux discriminations qui perdurent dans la société, mais aussi dans le monde équestre? Quels messages faire passer aux personnes en proie aux questionnements? Quatre femmes lesbiennes et autant d’hommes gay livrent le récit de ce que leur différence a impliqué tout au long de leurs parcours de passionnés.
Quatre cavalier·è·s à la croisée des genres
Selon le Williams Institute, un centre de recherche en politiques publiques rattaché à l’université de Californie à Los Angeles (UCLA), environ 2,1 millions de personnes – soit 0,8% des adultes américains – s’identifient comme transgenres. En France, la part de personnes trans et non-binaires serait également estimée à moins d’1%. Longtemps invisibles, ces identités font aujourd’hui l’objet d’une médiatisation croissante, parfois accompagnée de réactions virulentes. Le monde équestre compte lui aussi des personnes trans, mais les inclut-il réellement? Quatre témoins concernés partagent leur vécu.
À haut niveau, l’inclusivité est-elle équivalente dans les trois disciplines olympiques?
La présence de plusieurs athlètes ouvertement LGBTQ+ au plus haut niveau dans les trois disciplines équestres olympiques donne une impression d’inclusion. Dans le détail, les réalités sont bien différentes entre le dressage, où la visibilité est la plus importante, le concours complet et le saut d’obstacles. Acteurs du très haut niveau, les dresseurs Cathrine Laudrup-Dufour, vice-championne olympique par équipes et championne du monde, et Frederic Wandres, champion olympique par équipes, mais aussi Brandon Schäfer-Gehrau, médaillé aux Européens Juniors de complet, ainsi que Juliette Faligot et Adrian Whiteway, illustres cavaliers de saut d’obstacles, livrent des pistes pour expliquer ces disparités.

Crédit Gerardo Briceño
SPORT
© Sharon Vandeput/Hippo Foto
Une finale indoor à bas bruit, mais sous haute tension
Du 7 au 12 avril, Fort Worth, la cinquième ville du Texas, aux États-Unis, a accueilli les finales des Coupes du monde de saut d’obstacles et de dressage. Si les tribunes sont restées clairsemées et que la perspective des Mondiaux d’Aix-la-Chapelle a incité plusieurs ténors à faire l’impasse sur l’événement, les deux championnats ont offert de grands moments de sport, portés par des champions, humains comme équins. En saut d’obstacles, Kent Farrington a décroché sa première victoire dans un grand rendez-vous de ce niveau. L’Américain, dont la première participation à cette finale indoor remonte à 2006, a soulevé la coupe après un ultime sans-faute avec sa prodige Greya, tandis que la Britannique Becky Moody s’est imposée en dressage avec son fidèle Jagerbomb. Portfolio.
Scott Brash face à un casse-tête de luxe
De retour au sommet du jumping mondial, Scott Brash aborde les championnats du monde d’Aix-la-Chapelle en position de force. Entre Hello Folie de Nantuel, son héroïne des Européens de La Corogne, Hello Jefferson, grand maître du stade de la Soers, Hello Chadora Lady, sa fusée des Grands Prix 5*, et la prometteuse Hello Mango, qui vient de décrocher son premier Grand Prix 5*, rarement l’Écossais n’a disposé d’un tel éventail pour viser le titre individuel qui manque à son palmarès. À trois mois du rendez-vous suprême, le pilier des Britanniques devra trancher entre plusieurs cracks aux profils complémentaires. Un choix loin d’être anodin, tant le terrain allemand et le format de la compétition pourraient rebattre les cartes.
“Je vise les Jeux olympiques de Los Angeles, et prépare déjà ceux de Brisbane”, Benjamin Massié
Après avoir vécu une expérience forte en émotion en septembre dernier aux championnats d’Europe de Blenheim, où il s’était classé neuvième et deuxième meilleur Français en individuel avec Figaro Fonroy, Benjamin Massié a entamé tambour battant sa saison 2026, remportant coup sur coup le cross indoor de Bordeaux avec Cupidon du Cardonne, la Pro Élite de Saumur avec Filao de Perle et le CCI 4*-S de Ségovie avec Guess Star. Visant les Mondiaux d’Aix-la-Chapelle avec Figaro et le CCI 5*-L de Badminton avec Filao, le Girondin, douzième au classement mondial, s’investit pleinement dans la formation d’une relève dense et prometteuse qui pourrait lui permettre de rester sur le devant de la scène pendant dix ans au moins. Établissant des stratégies claires, fondées sur le suivi attentif de ses chevaux et la confiance de leurs propriétaires, le jeune quadragénaire entend conjuguer performances à court terme et construction à long terme. C’est dire s’il était grand temps de faire plus ample connaissance avec Benjamin Massié.
Renaud Ramadier, le bonheur d’être champion d’Europe
Écrire qu’un cavalier français de dressage est champion d’Europe peut paraître incongru. C’est pourtant le cas de Renaud Ramadier, quarante ans, qui a été médaillé d’or l’an dernier aux Masters du cheval ibérique avec le bien nommé Bonheur de Massa. Installé dans le Sud de la France, Renaud Ramadier, un temps spécialisé dans les Lusitaniens, n’en délaisse pas pour autant les chevaux de dressage allemands. Rencontre avec un champion d’Europe français – qui n’est d’ailleurs pas le premier.
Crédit Sharon Vandeput/Hippo Foto
ÉLEVAGE
© Thomas Danet
Le haras de Bossy, là où poussent les jeunes espoirs de la Tuilière
Dans le monde du jumping international, l’écurie de haut niveau de la Tuilière, portée par le couple que forment Charlotte McAuley Mordasini et son époux, le cavalier irlandais Mark McAuley, n’est plus à présenter. Mais derrière les succès glanés sur les pistes de compétition se cache un ambitieux projet, mené par Rémy Richard et Nicola Mordasini, au pied des montagnes alpines: celui de faire naître et de constituer un réservoir de chevaux qualiteux en alliant génétique, sélection et passion familiale. Et pour parvenir à atteindre cet objectif, le couple s’est donné les moyens de ses ambitions. Le temps d’une matinée automnale, Nicola et Rémy ont ouvert les portes du haras de Bossy pour parler élevage et offrir un aperçu de leur travail et de leurs ambitions.
Secret, la vérité par ses produits
S’il est un étalon qui porte bien son nom, c’est résolument Secret. Vice-champion du monde à cinq ans, le Wu¨rttemberger a vu sa carrière sportive s’achever presque aussi vite qu’elle avait commencé. Aujourd’hui âgé de onze ans, le prodigieux protégé du Gestu¨t W.M. se consacre pleinement à la reproduction. Entre succès et zones d’ombre supposées, ses produits se chargent désormais de lever un peu le voile sur ses secrets.
Le Selle Français, une voix qui compte à la WBFSH
Meilleur stud-book de saut d’obstacles au monde depuis plusieurs années, le Selle Français est représenté au sein du conseil d’administration et du comité exécutif de la Fédération mondiale de l’élevage de chevaux de sport (WBFSH) depuis plus longtemps encore. Armand Pette et Bérengère Lacroix, qui ont siégé jusqu’à récemment dans ces instances, contribuent ainsi aux dialogues façonnant les grandes orientations de cette organisation regroupant quatre-vingt-sept registres de race. Ils ont notamment été à l’initiative de l’adoption par la WBFSH et tous ses membres d’une charte sur le bien-être équin en élevage l’automne passé.
STYLE ET CULTURE
© Roger Asselberghs/musée national des Arts asiatiques - Guimet
Les chevaux célestes de la Chine
Depuis le 17 février a démarré l’année du Cheval de Feu dans le calendrier lunaire, tant en Chine, qu’en Corée ou au Vietnam. Animal très présent dans le quotidien et le symbolisme de la culture asiatique, le cheval est associé à la liberté, la vitalité et la réussite professionnelle. Une animal totem, donc, également omniprésent dans l’art chinois et ce, depuis des millénaires. L’occasion de découvrir quelques oeuvres singulières – statues et peintures – au coeur du musée national des arts asiatiques-Guimet, à Paris, sous l’égide du Dr Arnaud Bertrand, sinologue, archéologue et conservateur des collections Corée et Chine ancienne de l’institution.
Les pages Tendances, présentes dans chaque numéro du magazine, mettent en valeur quelques-unes des plus belles pièces de la mode et de l’équipement équestres.
AUTRES
© Nicolas Bischoff
Des sols bien gérés pour un cheval en bonne santé
Avec le retour du printemps et la remise à l’herbe, la question de la qualité des sols redevient centrale dans la gestion des équidés. Car derrière la simple pousse de l’herbe se joue bien davantage: alimentation, hydratation, risques sanitaires ou encore pression parasitaire. Indissociable de celle des chevaux, la santé des sols conditionne directement leur bien-être et leurs performances. D’où l’importance, pour les propriétaires comme pour les gestionnaires de structures, de maîtriser les bonnes pratiques et de savoir identifier les indicateurs clés d’un pâturage équilibré.
Héberger chez soi, le coût du rêve
“J’ai mes chevaux à la maison.” Pour de nombreux propriétaires, cette situation constitue un véritable projet de vie, rêvé puis mis en place après des années d’expériences et de recherches. Pour autant, est-on pleinement préparé à ce que cela va coûter? Si la réduction du budget d’entretien est rarement le critère déterminant dans ce choix, elle est néanmoins espérée par 60% des 755 lecteurs interrogés dans le récent sondage de la rédaction de GRANDPRIX en partenariat avec Horse Development. Plusieurs lecteurs et professionnels du secteur livrent leur expérience et expertise en la matière.

