Elipso de la Vigne, le cheval de Sébastien Cavaillon, suspendu un mois en raison d’une “contamination alimentaire”

Dans une décision rendue le 4 août, la commission des sanctions de l’Agence française de lutte contre le dopage a suspendu Elipso de la Vigne, le cheval de tête de Sébastien Cavaillon, pour une durée d’un mois après un contrôle positif à la dexaméthasone le 7 mars dernier, lors de l’étape du Grand National FFE/AC Print de Saumur. L’organisation a reconnu que le cavalier n’était “ni coupable, ni responsable” de ce contrôle positif, lié à une “contamination alimentaire involontaire” selon son avocate, Me Carole Guillemin.



Avant-hier, la commission des sanctions de l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) a rendu une décision soumettant Elipso de la Vigne, le cheval de tête de Sébastien Cavaillon, à une suspension d’un mois en raison d’un contrôle anti-dopage positif à la dexaméthasone, un corticoïde aux propriétés anti-inflammatoires. Ledit contrôle avait été effectué le 7 mars, au dernier jour de l’étape du Grand National FFE/AC Print de Saumur, dont le couple s’était classé deuxième. [STOP]

“Sébastien Cavaillon a été notifié du résultat de ce test en avril et n’a, dans un premier temps, pas pu croire à ce contrôle positif”, retrace Me Carole Guillemin, avocate engagée par le cavalier français pour défendre ses intérêts dans cette procédure. “Il a d’abord cru à un acte de malveillance, mais les investigations approfondies que nous avons menées avec le concours d’un vétérinaire expert judiciaire ont permis de mettre en évidence une contamination alimentaire involontaire, qui n’est en aucun cas imputable à mon client. Grâce à Sébastien et son équipe, nous avons pu recomposer le programme de la journée d’Elipso quart d’heure par quart d’heure. Nous avons éliminé une à une les pistes, jusqu’à nous rendre compte que la glycérine donnée au cheval quelques minutes avant son cross – selon une prescription vétérinaire suivie lors de chaque compétition – était à l’origine de ce contrôle positif. Au moment de charger le camion pour rallier Saumur, la groom qui travaille pour Sébastien s’est rendu compte que le bidon de glycérine habituellement utilisé était vide. Elle en a donc emporté un autre qui était stocké aux écuries. Malheureusement, les analysées effectuées ont permis de montrer que ce bidon, qu’elle a utilisé en toute bonne foi, contenait en fait un mélange de glycérine et d’Azium, médicament dont le principe actif n’est autre que la dexaméthasone (dont l’administration aux animaux est prohibée en France dans le cadre de manifestations sportives ou en vue d’y participer, ndlr). Ce mélange avait été effectué par un vétérinaire il y a quatre ans pour soigner un cheval qui se trouvait en pension chez Sébastien Cavaillon, et, à la fin du traitement, le bidon, qui aurait dû être détruit, ne l’a pas été. Nous avons fourni le résultat de cette analyse menée par le laboratoire Labeo à l’AFLD, devant laquelle nous avons également pu produire l’ordonnance et la facture de 2022 ainsi qu’une attestation du vétérinaire qui avait effectué ce mélange à l’époque. En outre, une seconde analyse pratiquée sur les quelques gouttes de glycérine qui restaient dans le bidon habituel d’Elipso a permis de démontrer l’absence de dexaméthasone dans celui-ci. Nous avons donc établi avec certitude que le résultat positif du contrôle anti-dopage du 7 mars était lié à un malheureux concours de circonstances et d’erreurs multiples, toutes involontaires. L’AFLD a reconnu la non-culpabilité et la non-responsabilité de Sébastien Cavaillon. Les résultats obtenus par Elipso le 7 mars ont néanmoins été annulés, et elle l’a soumis à une période de suspension d’une durée d’un mois.”



Courant du 4 août au 4 septembre, la suspension d’Elipso de la Vigne imposée par la Commission des sanctions de l’AFLD apparaît comme une raison logique de sa non-sélection pour les championnats du monde de concours complet, qui auront lieu la semaine prochaine à Aix-la-Chapelle. Celle-ci avait d’ailleurs surpris beaucoup d’observateurs compte tenu des victoires décrochées par le bai dans l’étape du Grand National FFE/AC Print du Lion-d’Angers le 17 mai et dans le CCI 4*-S de Vittel le 11 juin, sans oublier sa deuxième place au Master Pro Élite tenu au haras de Jardy, mi-juillet. Cependant, selon le conseil de Sébastien Cavaillon, les faits sont un peu plus complexes. “Une fois en possession de tous les éléments que nous leur avons fournis, et avant que la sélection pour les Mondiaux ne soit arrêtée, le collège de l’AFLD et son secrétaire général se sont réunis et ont proposé à Sébastien Cavaillon un accord de composition administrative reprenant les modalités de la décision rendue le 4 août”, précise Me Guillemin. “Mon client était prêt à accepter ces dispositions, et l’accord aurait donc dû être entériné lors de la réunion de la commission des sanctions de l’AFLD programmée le 12 septembre, date à laquelle la suspension d’Elipso aurait alors débuté. Cette validation en commission ne constituait qu’une simple formalité, puisque les dispositions de l’accord avaient été choisies par l’AFLD elle-même, qui n’allait donc pas se dédire à ce stade de la procédure. Il n’existait aucun risque de rétroactivité de la suspension, et donc, par conséquent, aucun risque d’annulation de résultats autres que ceux du 7 mars 2026 s’ils étaient obtenus avant la date effective de validation de l’accord en commission des sanctions. Par conséquent, mon client était juridiquement sélectionnable pour les championnats du monde d’Aix-la-Chapelle. Par ailleurs, tout au long de la procédure, la Fédération française d’équitation (FFE) a été informée de son avancée par Sébastien Cavaillon, l’AFLD et moi-même, et elle était donc au courant de l’existence de cet accord et de la volonté de mon client de l’accepter. Lorsque la sélection a été officialisée, étant donné que mon client n’avait pas été retenu pour cette échéance, je suis intervenue auprès de l’AFLD, dont la commission s’est réunie début août. Sans surprise, elle a validé les dispositions de l’accord soumis à Sébastien Cavaillon mi-juillet, ce qui a permis à la suspension d’Elipso de commencer le 4 août afin d’entraver le moins possible sa fin de saison.”

“Au-delà même de toutes les obligations de contrôle liées à la pratique du sport de haut niveau, Sébastien Cavaillon est une personne qui ne supporte pas l’idée même de tricherie, et il est donc satisfait d’avoir pu prouver le caractère involontaire de la contamination de son cheval”, conclut Me Guillemin. “Il est extrêmement soucieux du respect des règles liées à la lutte contre le dopage, et Elipso a été contrôlée à une dizaine d’autres reprises environ cette année, sans jamais qu’un autre test ne revienne positif.” “Je suis soulagé que l’AFLD ait reconnu que je n’étais ni responsable, ni coupable”, a ajouté le cavalier normand. “Je suis très déçu de ne pas pouvoir prendre part aux Mondiaux, mais je n’éprouve aucune rancœur contre qui ce soit, qu’il s’agisse de ma groom ou de la FFE. Surtout, je souhaite tout le meilleur à mes coéquipiers qui se rendront la semaine prochaine à Aix-la-Chapelle, et j’espère qu’ils en reviendront avec de belles médailles.”

De son côté, la FFE s'est limitée à confirmer que “Sébastien Cavaillon s'était montré très transparent auprès du staff fédéral durant toute la procédure”, sans s'exprimer davantage sur cette affaire.



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