“J’espère que ma performance à La Baule me permettra de retrouver plus régulièrement ce niveau d’épreuves”, Charlotte Léoni
Treizième du Grand Prix Rolex du CSIO 5* de La Baule dimanche dernier avec Vivolenska, Charlotte Léoni a signé l’une des belles performances françaises du week-end en Loire-Atlantique. Revenant sur cette belle performance, la cavalière installée près d’Aix-en-Provence évoque le soutien de sa famille et ses objectifs avec ses trois chevaux de tête. Espérant se frotter plus souvent à des épreuves de ce calibre, elle se réjouit de prendre part prochainement au CSIO 3* de Kronenberg, support de la demi-finale des Coupes des nations Longines de la Fédération équestre européenne (EEF).
Dimanche, Charlotte Léoni a réalisé un très beau parcours dans le Grand Prix Rolex du CSIO 5* de La Baule avec Vivolenska, ne concédant qu’une faute à l’entrée du double numéro 4 et se classant treizième. “Ce parcours me donne vraiment confiance en nos capacités”, se réjouit la cavalière de trente-huit ans. “Il prouve que nous pouvons nous montrer performantes à 1,60 m. Je suis avant tout très satisfaite de ma jument, qui n’a jamais semblé en difficulté sur ce parcours et a tout fait avec beaucoup de facilité. Comme je n’ai pas souvent l’occasion de participer à des CSI 5*, il me manque quelques automatismes qui m’auraient peut-être permis d’éviter notre faute, mais obtenir un tel résultat est forcément encourageant pour la suite. J’espère que cela me permettra de retrouver plus régulièrement ce niveau d’épreuves avec ma jument car s’y frotter et être opposée aux meilleurs cavaliers mondiaux fait vraiment progresser et pousse à se dépasser.”
Déjà qualifiée pour l’épreuve individuelle reine du Jumping international de La Baule l’an passé, elle y avait commis trois fautes. “Je pense être arrivée beaucoup mieux préparée cette année”, analyse la cavalière du sud de la France. “Cette saison, j’ai disputé de nombreux CSI 4* avec Cyclone (l’Épivent, une autre de ses montures, ndlr), ce qui m’a permis d’acquérir davantage d’expérience à haut niveau. Je me sens aujourd’hui plus prête qu’il y a un an.” Le sentiment positif de la Française a été renforcé par les mots d’Édouard Coupérie, le sélectionneur national des Bleus, qui a qualifié son parcours de “très intéressant”. “ C’est toujours valorisant d’entendre ce genre de remarques de la part d’un sélectionneur. Cela me donne confiance et me motive à poursuivre le travail entrepris avec ma jument. J’espère également que cela pourra ouvrir la porte à d’autres sélections”, confie Charlotte Léoni.
Justement, la cavalière a été sélectionnée pour représenter la France du 2 au 5 juillet au CSIO 3* de Kronenberg, qui accueillera l’une des demi-finales du circuit des Coupes des nations Longines de la Fédération équestre européenne. Dans les prochaines semaines, la Française participera à plusieurs épreuves de Coupe des nations. “Participer à une épreuve de ce type constituera une nouveauté pour Cyclone”, explique celle qui espère également pouvoir disputer la Coupe des nations du CSIO 5* de Falsterbo avec Vivolenska en juillet. “Ce serait une première pour moi à ce niveau”, ajoute-t-elle.
“Sans le soutien de mes parents, je ne serais probablement pas là où j’en suis aujourd’hui”
Née dans une famille profondément ancrée au sein du monde équestre, Charlotte Léoni a notamment bénéficié de l’expérience de son père, Philippe Léoni, ancien cavalier de haut niveau, mais aussi de sa mère, Dominique Madeuf, très impliquée au sein de l’élevage familial. “Mes deux parents connaissent parfaitement ce milieu et m’ont permis de gagner énormément de temps dans mon apprentissage”, reconnaît-elle. “Ils m’apportent un soutien moral, technique et financier très important. Sans eux, je n’en serais assurément pas là aujourd’hui. Ils me conseillent beaucoup. Ils ne s’occupent pas forcément de mon entraînement quotidien, notamment parce qu’ils sont très pris par leurs activités. Pour cela, je travaille principalement avec Laurent Guillet (cavalier, valorisateur et marchand de chevaux reconnu, ndlr). En revanche, lorsqu’il n’est pas là, mon père ou ma mère peuvent tout à fait prendre le relais. Leur regard esttrès important pour moi. Quand les résultats sont bons, ils sont évidemment heureux pour moi. Et quand les choses se passent moins bien, ils sont toujours présents pour m’encouragerAprès ma performance de ce week-end, ils étaient surtout enthousiastes pour la suite et m’ont encouragée à continuer. Ils me soutiennent quelles que soient les circonstances.” Parmi les conseils de son père qui l’accompagnent le plus, la cavalière retient surtout celui de monter “avec davantage de conviction” et d’être parfois “un peu plus agressive” dans ses choix.
Aujourd’hui, la progression de Charlotte Léoni s’appuie principalement sur trois chevaux : Vivolenska, Miss Marie van het Winnenhof et Cyclone l'Épivent, ces deux derniers ayant d’abord été montés par son père. “Miss Marie possède un cœur énorme et une formidable capacité à aller vite”, précise-t-elle. “Elle donnerait tout pour moi, même si elle reste une jument assez atypique. Cyclone et Vivolenska sont deux chevaux dotés de gros moyens et d’une grande confiance en eux. Ce sont des partenaires qui m’apportent beaucoup de sérénité lorsqu’il faut aborder des parcours importants. Vivolenska a aussi une excellente technique de saut, mais sa principale qualité reste son mental. Elle ne se laisse jamais impressionner. Bien sûr, je ressens une certaine pression lorsque je monte les anciens partenaires de mon père, car j’ai envie de faire aussi bien que lui, mais il ne faut pas trop y penser. Chaque cavalier a sa façon de monter et chaque couple est différent. J’ai notamment très bien réussi à m’adapter à Cyclone et cela se passe très bien.”
Charlotte Léoni sur Miss Marie Vant Winnenhof, lors du CSIO 5* de La Baule dimanche dernier.
© Sportfot
“Aujourd’hui, je me consacre entièrement à ma carrière sportive”
Installée à Aix-en-Provence, dans les écuries familiales, Charlotte Léoni se consacre désormais pleinement à sa carrière sportive. “Aujourd’hui, les chevaux occupent tout mon temps. Pendant un moment, je me suis davantage adonné au commerce, mais nous avons choisi d’en conserver davantage pour le sport, auquel je me consacre aujourd’hui”, narre-t-elle.
L’élevage, lui, reste surtout entre les mains de sa mère. Charlotte intervient davantage lorsque les jeunes chevaux sont prêts à être montés et à entamer leur formation sportive. Une continuité naturelle pour celle qui n’a jamais imaginé sa vie loin des équidés. “Cela a toujours été une évidence. Les chevaux ont toujours été ma passion principale. Je n’ai jamais considéré le fait d’aller monter tous les jours comme une contrainte. Au contraire, c’est ce qui me plaît le plus”, commente-t-elle.
À court terme, Charlotte Léoni veut profiter de l’expérience de son piquet actuel pour continuer à progresser et saisir les occasions qui se présenteront. À plus long terme, l’objectif est clair: s’installer davantage à très haut niveau. Et pourquoi pas même se montrer un peu plus ambitieuse. “J’aimerais continuer à progresser, participer régulièrement à des CSI 5* et à des Grands Prix de ce niveau. Mes chevaux ont aujourd’hui beaucoup d’expérience et il faut profiter de cette période. Mon rêve serait de réaliser une grande performance dans un Grand Prix cinq étoiles. Pourquoi ne pas intégrer un jour le top huit d’une telle épreuve?”, conclut-elle.

