“Le Jumping international de La Baule repart de plus belle et à grandes foulées”, Pierre de Brissac
La semaine dernière, à l’issue de la conférence de presse de lancement du Jumping international de La Baule, Officiel de France de saut d’obstacles, rythmée par les témoignages de grands champions de la discipline, et tenants des titres de l’édition 2025, Pierre de Brissac a évoqué les enjeux du cru 2026 de l’événement. De bonne humeur, généreux et toujours aussi passionné, le président de la Société des concours hippiques de La Baule a gagné en confiance et sérénité, même si une telle organisation nécessite une perpétuelle “remise en question”, selon ses propres mots.
Comment allez-vous ? L’an dernier, vous affirmiez prendre de plus en plus de plaisir à la tête de cet événement…
Ma motivation est intacte. Je dirais même qu’elle se renforce, parce que j’ai la chance de pouvoir compter sur une équipe exceptionnelle (composée de Fleur Leroyer, directrice des opérations, Célia Langlais, chargée de mission commerciale et communication web, et Quentin Dabir, chargé de mission logistique et sport, ndlr). Rien n’est jamais acquis; pas un jumping ne ressemble à un autre. Qu’il s’agisse de sport, de logistique, de partenariats ou de choix des cavaliers, il y a toujours quelque chose à régler. Cela nous oblige à nous remettre sans cesse en question et renforce notre cohésion d’équipe. Ce travail est ardu, mais le résultat, tel que nous le percevons à travers les retours du public, de nos partenaires et des cavaliers, est notre récompense. Cette année encore, nous nous réjouissons à l’idée d’accueillir les meilleurs, qui plus est à l’approche des championnats du monde d’Aix-la-Chapelle, qualificatifs pour le Jeux olympiques de Los Angeles 2028.
L’an dernier, vous aviez dû faire face à des coupes budgétaires conséquentes de la région des Pays-de-la-Loire et, dans une moindre mesure, du département de Loire-Atlantique. L’équilibre financier sera-t-il au rendez-vous en 2026?
Effectivement, ces collectivités, qui nous avaient soutenus pendant plusieurs dizaines d’années, se sont malheureusement désengagées. Depuis, nous avons pu combler leur absence de financements, notamment grâce au soutien de Demeures de Campagne, sponsor de notre Derby depuis l’an dernier. Notre situation demeure fragile, parce qu’il s’agit de subventions de fonctionnement non remplaçables par du sponsoring, mais nous avons retrouvé un certain équilibre qui nous permet d’envisager sereinement l’avenir de notre événement.
L’hiver a été très pluvieux sur la façade atlantique. Comment le terrain en herbe du stade François-André s’en est-il sorti ? Les travaux réalisés il y a quelques années répondent-ils à vos attentes?
C’est une très bonne question, parce que la qualité du terrain est capitale et que c’est un point sur lequel nous ne communiquons pas assez. Nous pouvons compter sur un ingénieur agronome qui œuvre au quotidien en coordination avec les services techniques de la ville de La Baule. Nous avons beaucoup travaillé sur ce terrain depuis cinq ou six ans, et il est aujourd’hui excellent. Désormais, nous avons ce sujet bien en main. La pluviométrie hivernale nous a permis de retarder le début de la phase d’arrosage et n’a en rien entaché la qualité du terrain.
Cette année, le Jumping de La Baule fera sans conteste figure de test décisif pour les sélectionneurs nationaux à deux mois des Mondiaux d’Aix-la-Chapelle, comme il le fut avant les JO de Paris2024. Cette dimension assoit davantage encore l’Officiel de France comme un passage obligé pour les grands couples…
C’est un excellent point à souligner. Le CSIO 5* de La Baule a toujours été une étape historique dans la préparation des grands championnats par son format sportif identique. Cependant, contrairement à l’année 2024 où les épreuves olympiques s’étaient disputées sur sable, les championnats du monde se déroulent sur herbe. Cela rend notre événement d’autant plus important sportivement pour les chefs d’équipe, qui viendront affiner leur sélection. À deux mois de cette échéance, nous devrions donc accueillir les meilleurs couples mondiaux.
L’édition 2026 sera votre troisième au sein de la Rolex Series, qui regroupe les Grands Prix de Wellington, Rome, La Baule, Falsterbo, Dinard, Dublin et Bruxelles. Avez-vous pour projet de lancer unchallenge pour renforcer encore l’attractivité de cette série?
L’idée était de regrouper des concours répondant à des critères d’excellence précis, tant au niveau de leurs infrastructures que de leur histoire, de leur organisation, etc. Rolex est à l’initiative de cette série, qui a, bien sûr, été très bien accueillie par l’ensemble des organisateurs, car elle permet de proposer tout au long de l’année un circuit d’excellence aux compétiteurs, au public et aux médias. Quant au futur de ce projet, nous échangeons régulièrement avec Rolex et les autres organisateurs. Pour l’instant, nous œuvrons à asseoir notre communication commune et la réputation de la Rolex Series.
“Je suis sûr qu’il saura captiver le public avec son côté jovial et pédagogue”, Andy Booth
Emmanuèle Perron-Pette, vice-présidente de la Fédération française d’équitation en charge du haut niveau, vous a assuré de la présence de Julien Épaillard, fraîchement auréolé du titre de champion de France Pro Élite. Son retour à La Baule après deux ans d’absence doit vous combler de joie…
Oui, c’est une excellente nouvelle. Personnellement, j’adore Julien. En plus d’être un cavalier d’exception, Julien parle très bien des chevaux et affectionne tout particulièrement ce concours. L’an dernier, il m’avait gentiment appelé pour me faire part de son absence, avançant des raisons que j’avais très bien comprises. Nous nous réjouissions aussi de recevoir à nouveau Nina Mallevaey, qui performe de manière incroyable au niveau 5*. Au cours de la conférence de presse, nous avons également pu entendre le merveilleux témoignage de Kevin Staut, qui a accompli de grands exploits ici. Le fait que tous ces grands cavaliers français soient au rendez-vous de La Baule constitue une grande satisfaction pour nous. Nous ne sommes pas chauvins, mais… un peu quand même ! (Rires)
L’an dernier, l’Irlande avait remporté la Coupe des nations Barrière. La dernière victoire tricolore dans cette épreuve remonte à 2017… Espérez-vous chanter la Marseillaise cette année?
Nous attendons dix équipes pour la Coupe des nations : l’Allemagne, la Belgique, la Grande-Bretagne, la France, l’Irlande, l’Italie, la Suède, la Suisse, les États-Unis et l’Arabie saoudite, invitée par la Fédération équestre internationale (FEI). Seront également présents des cavaliers d’autres nations (Brésil, Canada, Colombie, Espagne, Mexique et Afrique du Sud) à titre individuel. Pour la Coupe, jem’abstiendrais de tout pronostic, ayant misé sur la France l’an dernier… Disons que la France se classera parmi les trois premiers, et peut-être encore mieux.
On connaît votre engagement en faveur du bien-être animal et les difficultés, parfois, à allier compétition et besoins naturels des chevaux. Qu’attendez-vous du master class proposé par Andy Booth, la nouveauté du programme de cette édition 2026?
Je suis très enthousiaste vis-à-vis de cette nouveauté. Andy est extrêmement intéressant. Il connaît parfaitement les chevaux, parvient à leur faire faire des choses incroyables, notamment grâce à ses connaissances et son immense expérience. De plus, je suis sûr qu’il saura captiver le public avec son côté jovial et pédagogue. Nous avons la chance de pouvoir compter sur un public connaisseur auquel nous proposons de continuer à apprendre des choses dans la joie et la bonne humeur grâce à Andy. Chaque année, nous essayons de trouver de nouvelles idées. En 2026, c’est une chance et un grand honneur de pouvoir accueillir ce grand Monsieur du cheval.
La gratuité est inscrite dans l’ADN de l’événement. L’an dernier, vous avez enregistré une fréquentation record dès le premier jour. Comment gérez-vous cet afflux?
Nous disposons d’un système de comptage. Parfois, nous sommes obligés de fermer les portes pour répondre aux consignes de sécurité imposées par l’État, via la sous-préfecture. Concrètement, nous comptons de nombreux agents de sécurité qui s’assurent du respect des sorties de secours, de l’accès libres aux escaliers, etc. Je suis bien conscient que la gratuité impose aux spectateurs d’arriver tôt,et j’en suis désolé. Je préférerais pouvoir accueillir tout le monde, mais nous ne pouvons pas augmenter le nombre de places… Fort heureusement, nos épreuves sont retransmises sur de nombreux canaux, dont GRANDPRIX.tv.
Finalement, que peut-on vous souhaiter pour cette belle édition qui s’annonce?
Une belle météo! C’est si important pour nos sports de plein air. Et, surtout, de conserver ce public qui nous est si cher et qui représente l’âme de notre concours. J’aime à dire que La Baule n’est pas un entre-soi, mais un entre-tous… C’est une vraie réunion de famille, absolument merveilleuse pour les cavaliers, les organisateurs et toutes les personnes impliquées.

