Julien Épaillard s’offre le titre du championnat de France qu’il manquait à son palmarès
Julien Épaillard vient d'être sacré champion de France au Grand Parquet de Fontainebleau pour la première fois de sa carrière. Associé à Hard'Rock Queen JHD, qu'il monte depuis quelques mois seulement, le Normand a réalisé une formidable finale, lui permettant de devancer au classement Cédric Hurel et Inès Joly, deux et troisième avec leurs respectifs Fantasio Floreval et Come On Z. Sara Brionne et le génialissime Grand Duc du Paradiso ont fini quatrièmes.
Dans son palmarès figuraient déjà douze victoires dans des Grands Prix 5*, trois triomphes dans les Coupes des nations des CSIO 5* de La Baule, Knokke et Rotterdam, trois médailles dans les championnats continentaux Jeunes, une médaille de bronze individuelle aux Européens de Milan, une victoire et une deuxième place en finales de la Coupe du monde, une médaille de bronze par équipes aux Jeux olympiques de Paris, ainsi que d’innombrables victoires dans des épreuves intermédiaires, mais, surprenamment, jamais Julien Épaillard ne s’était imposé dans le championnat de France Pro Élite. Le Normand, qui avait tout de même été sacré champion de France dans la catégorie Cadets en 1989 avec Petite Fleur, n’avait encore jamais obtenu mieux qu’une deuxième place dans le label Pro Élite, en 2010, avec Mister Davier.
Avant comme après, il est arrivé qu’il ne dispose pas de montures assez aguerries pour y participer, ou que le calendrier des CSI 5* l’appelle ailleurs, sans parler du déferrage de ses chevaux, qui l’ont empêché de pouvoir les présenter sur des terrains en herbe ces dernières années. Mais, cette semaine, tous les feux étaient au vert pour le Normand, dont les écuries débordent de cracks (ou futurs cracks) et qui a désormais trouvé un système de cramponnage pour pouvoir concourir sur toutes les surfaces.

Une nouvelle option pour les Mondiaux?
Pour autant, le cavalier, numéro deux français depuis que Nina Mallevaey le devance au classement mondial Longines, avait choisi de seller Hard’Rock Queen JHD, un hongre de neuf ans qu’il monte depuis le début de l’année seulement. Tout restait à faire donc pour que le pilote parvienne à s’imposer cet après-midi. Troisième à l’issue de la Chasse hier matin, après avoir écopé d’une faute mais hérité d’un très bon chronomètre (comme toujours!), Julien a survolé les deux parcours proposés par Yann Royant cet après-midi. La faute d’Olivier Perreau, leader depuis la veille, lui a finalement donné la victoire.
“J’ai fini par y arriver !”, a-t-il lancé en ouverture de la conférence de presse, quelques minutes après son tour d’honneur (lire sa réaction complète ici). Le Normand n’a d’ailleurs pas dit que ça… Évoquant Hard’Rock Queen JHD, qu’Alain Bourdon lui a récemment confié, convaincu qu’il s’agissait d’un “très grand cheval”, le cavalier de l’équipe de France n’a pas pu s’empêcher de rappeler qu’Éric Navet, héro du jumping tricolore, avait été sacré double champion du monde en 1990 avec un cheval de huit ans – un certain Quito de Baussy… S’il comptait jusqu’ici en priorité sur Fringan de Vesquerie, qu’il avait testé dans la Ligue des nations Longines de Gassin en septembre (4+4) mais dont le début d’année n’est objectivement pas flamboyant, le Normand a peut-être trouvé une nouvelle cartouche intéressante pour obtenir une sélection. En tout cas, le chef des troupes tricolores Édouard Coupérie, qui était assis à sa gauche, n’a pas manqué de noter l’information…
Cédric Hurel et Fantasio Floreval montent encore sur le podium, Sara Brionne termine quatrième
Le podium du Master Pro.
© Mélina Massias
Lauréats de ce même championnat en 2024, Cédric Hurel et Fantasio Floreval ont à nouveau grimpé sur le podium. Quinzièmes après la Chasse, les deux partenaires, qui se connaissent par cœur, ont effectué une remontada aujourd’hui en enchaînant deux parcours sans faute. Ils ont devancé Inès Joly, qui a déroulé un tout aussi bon championnat. La Française, qui a vendu son meilleur cheval Ambassador en avril dernier au Belgo-Égyptien Abdel Saïd, a pu compter sur Come On, un hongre de onze ans par Comme Il Faut.
Terminant quatrième, au pied d’un podium sur lequel on aurait aimé la voir, Sara Brionne a payé son chronomètre relativement lent de la Chasse (73’’35 contre 62’’11 pour Julien Anquetin, qui avait bouclé le parcours le plus rapide). Accompagnée de son exceptionnel Grand Duc du Paradiso, avec lequel elle progresse dans sa recherche de vitesse mais doit composer avec le grand gabarit de son champion, la jeune Française a réalisé deux parcours littéralement parfaits. Le public, averti comme amateur, a applaudi ces prestations à leur juste valeur. Rappelons que le couple, qui attire tous les regards depuis plus d’un an, a disputé son premier CSI 5*-W, à Lyon, en novembre dernier, où il a pris part aux épreuves intermédiaires. Après lui avoir offert une longue pause pour se consacrer notamment à la reproduction, la Normande d’adoption a fait son retour avec son fils de Vagabond de la Pomme aux CSI 4* de Vejer de la Frontera, en début d’année, mais n’a toujours pas pu disputer son premier Grand Prix 5*. Si le niveau du Master Pro n’est pas équivalent, les deux partenaires ont pu au moins prouver ce week-end qu’ils étaient en forme et d’attaque pour cette saison!
Olivier Perreau faillit en bout de course mais termine à une bonne cinquième place
Leader depuis le début, Olivier Perreau a-t-il vendu la peau de l’ours trop tôt? Il ne s’est sans doute pas assez méfié de l’obstacle numéro 2, un imposant oxer, dont il a fait rouler la première barre, laissant s’échapper la victoire. Il a tout de même brigué une honorable cinquième place avec Himalaya du Temple, une Selle Français de neuf ans qu’il monte depuis l’automne 2023 et qui semble prometteuse. Il a devancé au classement Edward Levy, associé à Griss de Kerglenn, Olivier Robert, juché sur Espri du Figuier, et Charlotte Léoni, qui avait déjà terminé sixième du Master Pro l’année dernière mais qui était cette fois-ci accompagnée de Vivolenska.

