Un cheval performant est-il forcément un cheval heureux ?
Retrouvez ci-après l’éditorial du numéro 175 du magazine GRANDPRIX, disponible en kiosques.
“Il n’y a qu’une chose qui fasse vraiment sauter un cheval : l’envie. On peut toujours travailler la technique, mais le mental reste primordial. Sur les paddocks des grands concours, tous les chevaux sont différents, mais ont en commun la volonté de bien faire. Si les demandes de leur cavalier engendrent chez eux des traumatismes, ils vont s’en souvenir et ne se donneront plus.” L’analyse d’Éric Livenais, fin observateur de l’univers équestre depuis plusieurs décennies, qui intervient dans ce numéro en sa qualité de chef de rond d’événements du Stud-book Selle Français et des ventes Fences, a le mérite de la clarté. Elle énonce une théorie profondément ancrée dans la culture équestre, selon laquelle un cheval performant serait, par essence, un cheval qui va bien. Un cheval qui veut. Un cheval qui adhère. Cet argument, souvent avancé avec sincérité, s’invite régulièrement dans les débats sur le bien-être équin. Il sert aussi, disons-le, de rempart face aux critiques croissantes de cavaliers militants, voire d’animalistes, dont certains vont jusqu’à remettre en cause l’existence même de l’équitation. Est-il pour autant juste ? Et, surtout, est-il apte à répondre efficacement à ces interrogations que l’univers équestre doit savoir entendre pour assurer sa pérennité ? Aussi séduisant soit-il, ce théorème n’a-t-il pas quelque chose de simpliste. ...

