L’ascension tranquille de Bas Moerings, le Néerlandais qui s’affirme
“Cette victoire est spéciale pour moi.” Au lendemain de son succès dans le prix VDL Groep à 1,55 m du CSI 5* de Bois-le-Duc, le 13 mars, Bas Moerings mesurait déjà la portée d’un résultat qui pourrait bien marquer un tournant dans sa carrière. Associé à son étalon Ipsthar (KWPN, Denzel van’t Meulenhof x Farmer), le Néerlandais de vingt-six ans a confirmé qu’il n’était plus seulement un espoir du saut d’obstacles batave, mais bien un concurrent capable de s’imposer dans une épreuve majeure d’un CSI 5*, face à une opposition internationale relevée.
Issu d’une famille d’éleveurs, Bas Moerings a grandi au rythme des naissances et des jeunes chevaux. Si la passion ne s’est imposée que plus tardivement, après un bref détour par le football, le Néerlandais a rapidement acquis des bases solides grâce à des chevaux nés dans l’élevage familial, dont Vesther (KWPN, Guidam x Zevenster). C’est aux rênes de ce véritable maître d’école que le jeune homme a, à treize ans seulement, découvert les concours internationaux de saut d’obstacles. Lors de ses années Jeunes, le Néerlandais a pu compter sur d’autres bons chevaux, tels que Fasther (KWPN, Vigo d’Arsouilles x Farmer), qui l’a accompagné jusqu’à sa dernière saison en Juniors et avec lequel il a disputé ses premiers parcours à 1,40 m.
Un autre partenaire a marqué durablement cette période : Fosther (KWPN, Vigo d’Arsouilles x Cardento), un grand gris, lui aussi né dans la famille Moerings. Sélectionné pour trois championnats d’Europe Jeunes, ce dernier lui a quasiment offert une médaille à chacune de ses participations. Son cheval de tête actuel, Ipsthar, qu’il connaît également depuis son premier jour de vie, a joué un grand rôle dans l’ascension qu’il a entamée en 2018. Ensemble, les deux partenaires ont gravi les échelons, des premières épreuves internationales aux plus beaux rendez-vous 5*, avec une régularité qui commence aujourd’hui à porter ses fruits.
Depuis juin 2025, Bas Moerings arpente les plus beaux terrains de concours au monde. À Stuttgart, en novembre, à l’occasion de son tout premier Grand Prix 5*-W, il a enchaîné quatre sans-faute sur six parcours. Dans la foulée, il a participé à des événements majeurs, comme le CSIO 5* de Rotterdam ou la finale de la Ligue des nations Longines de Barcelone, engrangeant de l’expérience et des classements qui lui ont permis de se hisser à la cent vingt-troisième place du classement mondial en mars.
En parallèle de son activité d’éleveur, le Néerlandais a progressivement étoffé son piquet de chevaux afin de pouvoir s’installer à haut niveau. Avec Kivinia (KWPN, I’m Special de Muze x Calido I), il a affronté les parcours d’un CSI 5* à Valkenswaard, avant de briller en indoor à Stuttgart, où la jument a conclu son année par une troisième place puis une victoire dans des épreuves à barrage cotées à 1,55 m.
Dans le même temps, d’autres montures issues de son élevage poursuivent leur apprentissage sur la scène internationale, comme l’alezane Nunblisther (KWPN, Vigo d’Arsouilles x Farmer), régulièrement classée dans des épreuves à 1,40 m. Une approche pensée sur le long terme qu’il revendique pleinement. “Je n’essaie pas d’accéder au niveau 5* juste pour y être : je m’adapte au niveau qui convient à mes chevaux, tout en essayant de les faire progresser”, expliquait-il en juin à StudForLife, qui avait déjà repéré ce phénomène. Désormais, l’horizon ne cesse de s’élargir pour le Néerlandais.
S’il n’a pas envie de brûler les étapes, il se fixe désormais des objectifs plus ambitieux, à commencer par le grand rendez-vous de l’année… “Je ne suis pas sûr que ce soit raisonnable, mais les championnats du monde d’Aix-la-Chapelle sont un objectif”, a-t-il confié à GRANDPRIX.info après son succès à Bois-le-Duc. “Ipsthar saute bien sur l’herbe, aime les grandes pistes et, s’il reste en forme d’ici-là, qui sait, peut-être serons-nous de la partie ! Selon moi, c’est l’année parfaite pour décrocher une première grande sélection.” Reste désormais à savoir si ce nouveau cap franchi suffira à le rapprocher d’une place au sein de l’équipe nationale néerlandaise, qui, il faut bien le dire, ne croule pas sous les couples stars en ce moment…

