“Elipso de la Vigne me semble meilleur que jamais”, Sébastien Cavaillon

Sébastien Cavaillon lance sa saison 2026 de concours complet cette semaine à Saumur, où il participer à la première étape du Grand National FFE/AC Print avec son fidèle et excellent Elipso de la Vigne, médaillé de bronze par équipes l’an passé aux championnats d’Europe de Blenheim. Un hiver studieux, des jeunes chevaux qui montent en puissance, des montures de tête prêtes à en découdre et un rêve assumé: fouler enfin la piste mythique d’Aix-la-Chapelle lors des Mondiaux, en août prochain. La Normand évoque sa quête de progression et son envie de transformer les promesses en performances.



Comment se passe votre hiver après une année 2025 marquée par la médaille de bronze collective de la France aux championnats d’Europe de Blenheim?

J’ai entamé l’année avec un sentiment très plaisant de grande satisfaction. C’est ce que j’ai dit quand nous avons fait le point avec l’encadrement de l’équipe de France. Nous sommes très contents des progrès accomplis et des objectifs que nous avons réalisés. Ce n’était pas vraiment une finalité en soi, mais un point de départ vers quelque chose de plus grand. Pour moi, nous sommes entrés dans une nouvelle olympiade, avec les Jeux de Los Angeles en ligne de mire, et les compteurs ont été remis à zéro. Le passé, je l’ai rangé dans une boîte fermée à clé. Maintenant, nous ouvrons un nouveau livre avec des pages blanches – à nous d’y écrire la plus belle histoire!

Cet hiver, l’idée était de préparer mes chevaux pour qu’ils soient encore meilleurs, en pleine santé et en possession de leurs moyens pour attaquer une nouvelle saison avec pour objectif les championnats du monde. Aux écuries, tout le monde va bien, hormis Skywalker (Z, Sir Obolensky x Gentleman Platière), qui s’est accidenté sur un parking en novembre et a subi de sérieuses lésions cutanées qu’il a fallu faire soigner en clinique. Désormais en rééducation, il reviendra en cours de saison.

Il y a un plus d’un an, vous annonciez rechercher de nouveaux chevaux pour étoffer votre piquet. Considérez-vous y être parvenu avec Do It Ted (Han, Diarado x Cassini II) et Chapeau 57 (Han, Colestus x Floran)? 

Le challenge fonctionne vraiment bien parce que ces deux chevaux ont réussi une super saison 2025. Ils ont appris leur nouveau métier: devenir des chevaux de complet, eux qui n’avaient connu que des épreuves de saut d’obstacles auparavant. Do It Ted, qui avait sept ans, a fini son année avec un CCI 2-L à Lignières (finissant trente-cinquième avec une faute de franchissement hors fanions, ndlr). Chapeau, qui avait six ans, aurait aussi dû participer à 2*-L mais j’avais trop de chevaux à monter dans le Berry, alors je ne l’ai pas emmené. Il a achevé sa saison en terminant deuxième d’une Pro 4 en octobre au haras de Jardy. Il était prêt à passer l’étape supérieure. Ces deux chevaux ont vraiment progressé de façon extraordinaire. Il y a un an, ils se comportaient comme des poulains. Depuis, ils ont compris le jeu et appris plein de choses.

Tous deux ont vécu un super hiver de boulot. Le staff fédéral, qui les a vus en stage, les a vraiment appréciés, je crois. Cette année, mon objectif est de continuer de les former. Do It Ted pourrait déjà présenter une reprise de CCI 4* en dressage et sauter un parcours d’hippique de ce même niveau. Désormais, il a surtout besoin d’apprendre son métier au cross. Il faut franchir les étapes une par une pour les élever vers le plus haut niveau. À mes yeux, Do It Ted a le profil d’un cheval de championnats, et Chapeau d’un performeur en CCI 5*-L. Dans mon système, je veille à garder un nombre correct de chevaux en vue des belles épreuves, parce qu’on n’est jamais trop prévoyant… Cette année, Skywalker va être indisponible un moment et j’ai vendu Paris Boston (Z, Pavarotti Van de Helle x Graf Grannus), dont j’ai malheureusement perdu la trace… De ce fait, j’entame la saison avec cinq chevaux.

Comment se portent vos chevaux de tête, Elipso de la Vigne (SF, Arko x Duc du Hutrel) et Hashtag de la Vigne (SF, Nervoso x Duc du Hutrel)?

Ils vont tous très bien et ont bien progressé. Il faut dire qu’ils ont plus travaillé cet hiver que l’an passé puisque je m’étais fracturé des côtes (rire). Elipso a bien avancé: je le sens mieux que jamais! J’ai aussi profité de l’hiver pour faire découvrir les cross indoor à Hashtag, qui s’est pris au jeu, se classant cinquième à Rouen et deuxième au Mans. C’était un bon exercice pour ce grand cheval, un peu lent dans sa gestuelle, qui a dû travailler à être un peu plus réactif. Je ne l’ai monté pour gagner ces épreuves, mais pour travailler. Pour certains chevaux, si l’on ne se grise pas en piste, c’est un bon exercice favorisant la réactivité et la concentration sur les obstacles.

Sébastien Cavaillon et Elipso de la Vigne comptent aujourd’hui parmi les couples les plus expérimentés de l’équipe de France.

Sébastien Cavaillon et Elipso de la Vigne comptent aujourd’hui parmi les couples les plus expérimentés de l’équipe de France.

© Sharon Vandeput/Hippo Foto



“J’ai confiance en notre staff fédéral et en nous, cavaliers”

Quel planning de concours avez-vous imaginé?

Mes cinq compétiteurs effectueront leur rentrée à Saumur lors du Grand National. Les deux derniers arrivés vont courir la Pro 4 avant de participer au CCI de Kronenberg quinze jours plus tard. Elipso, Black Pearl (Z, Black Jack x Gentleman Platière) et Hashtag vont être répartis entre la Pro Élite et la Pro 1, chacun avec leurs objectifs. Avec Elipso, je vise évidemment les championnats du monde d’Aix-la-Chapelle cet été. Hashtag, j’aimerais le réengager dans un CCI 4*-L, probablement au Royal Jump de Bertichères, puis si nous le sentons prêt, franchir un cap en le présentant au CCI 5*-L de Pau. Sinon, je pense qu’il répétera un CCI 4*-L. Quant à Black Pearl, j’envisage de l’engager à nouveau au CCI 5*-L de Luhmühlen (le couple avait terminé vingtième en 2025, ndlr)

Vous n’avez encore jamais eu l’occasion de concourir à Aix-la-Chapelle… Comment imaginez-vous qu’Elipso réagirait à l’ambiance très spéciale de ce temple de l’équitation?

En effet, j’ai essayé à plusieurs reprises de participer au CCIO 4*-S, mais je n’ai pas encore eu l’occasion de fouler cette piste, essentiellement pour des problèmes réglementaires. C’est un concours que je suis tous les ans, que j’affectionne et auquel je rêve de participer depuis très longtemps. Avoir déjà concouru là-bas aurait sans doute été un avantage, mais Elipso ne se montre jamais regardant face aux ambiances intenses. L’an dernier à Blenheim, où je n’étais jamais allé non plus, Elipso n’a pas changé de comportement. J’ai aussi émis au staff l’idée d’emmener tout notre groupe 1 travailler dans un stade afin de préparer ce rendez-vous parce que plein de chevaux peuvent être un peu décontenancés par ces conditions.

Comment l’équipe fédérale a-t-elle réagi à cette idée?

Bien. Nous sommes dans un système où nous discutons beaucoup et souvent, ce qui est très agréable. Ils ont entendu l’idée, mais ce n’est pas évident à organiser. Quoi qu’il en soit, j’ai confiance en eux et en nous: tout le monde coopère pour que nous avancions dans la bonne direction.

Pensez-vous qu’Aix-la-Chapelle puisse convenir bien à l’équipe de France?

Par le passé, cette Coupe des nations n’a jamais vraiment souri aux Français – on ne va pas se mentir. Cependant, le staff fédéral n’y a jamais présenté sa meilleure équipe, donc c’est un peu compliqué de prévoir. En général, les Français sont très doués pour s’adapter – c’est un peu notre marque de fabrique. En plus, nous formons vraiment un bon groupe. Pour autant, il convient de se rappeler qu’environ six équipes étrangères peuvent prétendre aux médailles. Le challenge devrait être à notre portée, mais nous devrons nous battre pour le podium.

Quel regard portez-vous sur les modifications réglementaires adoptées par la Fédération équestre internationale concernant les franchissements en dehors d’un fanion, qui seront désormais pénalisés de neuf points, contre quinze l’an passé.

À mes yeux, avoir réduit cette pénalité est une très bonne chose. Quinze points, c’était vraiment trop cher payé – presque le prix d’un dérobé en fait. J’ai déjà été concerné par cette faute, que je ne pense pas avoir commise… Maintenant, je crains que cette pénalité soit attribuée encore plus souvent, dans des cas où un cavalier toucherait simplement un fanion, par exemple… J’espère que nous n’allons pas assister à une multiplication de ces “missing flag” à la faveur du changement de tarif… Si c’est correctement utilisé par juges, ce sera bien. Les premiers concours nous le diront.

Le Normand envisage d’engager à nouveau Black Pearl au CCI 5*-L de Luhmühlen, en fin de printemps.

Le Normand envisage d’engager à nouveau Black Pearl au CCI 5*-L de Luhmühlen, en fin de printemps.

© Dirk Caremans/Hippo Foto



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