Goldfever a poussé son dernier souffle
Goldfever III s’est éteint à l’âge de trente-cinq ans. Les écuries Beerbaum l’ont annoncé ce matin sur les réseaux sociaux. Avant de se consacrer à l’élevage l’étalon Hanovrien avait permis à Ludger Beerbaum de conquérir quelques-unes de ses plus belles victoires. Sacré champion olympique par équipes en 2000 à Sydney avec la Mannschaft, le couple avait collectionné les médailles européennes en 2003 à Donaueschingen puis den 2007 à Mannheim, et remporté le célébrissime Grand Prix d’Aix-la-Chapelle en 2002 et 2003, celui du Masters de Calgary en 2002, sans oublier la toute première finale du Top Ten, en 2001 à Genève. Retour sur la carrière d’un immense crack.
Alors qu’il était le dernier cheval de très haut niveau de sa génération encore en vie, Goldfever III, l’immense crack de Ludger Beerbaum, est mort, comme l’écurie du cavalier allemand l’a annoncé sur les réseaux sociaux. “À l’âge remarquable de trente-cinq ans, Goldfever, l’étalon qui a accompagné la carrière de Ludger Beerbaum comme peu d’autres chevaux, s’est éteint dans son écurie de toujours, à Riesenbeck.”
Au cours de sa carrière, longue de onze saisons avec Ludger Beerbaum, le fils de Grosso et petit-fils de Galvano a bâti l’un des plus grands palmarès de l’histoire du saut d’obstacles en remportant de nombreux succès dans les plus beaux Grands Prix et championnats internationaux et a surtout aidé son cavalier à trôner au rang de numéro un mondial durant vingt-neuf mois d’affilée. S’il a remporté le mythique Grand Prix d’Aix-la-Chapelle deux années consécutives, en 2002 et 2003, l’alezan a également triomphé à Calgary en 2002 et s’est imposé dans la toute première finale du Top Ten IJRC, remportée avec seulement cinq centièmes d’avance sur le couple belge composé de Ludo Philippaerts et Otterongo van de Kpüshoeve (BWP, Darco x Hedjaz).
S’il a aussi signé de très belles victoires en Coupe du monde, les plus grands faits d’armes du duo restent toutefois ceux obtenus en championnats. À ce titre, Ludger Beerbaum doit près d’un quart de ses médailles internationales à Goldfever III. Sur les vingt-trois médailles glanées par l’Allemand en championnats internationaux extérieurs, cinq l’ont été avec cet étalon, alors qu’ils ont disputé quatre grands championnats ensemble. Le duo ne s’est pas fait attendre pour s’illustrer sur la scène mondiale. Aux Jeux olympiques de Sydney en 2000, Goldfever III, alors âgé de seulement neuf ans, est passé à côté de l’épreuve individuelle, mais le couple a contribué à la médaille d’or collective remportée par l’Allemagne. En 2003, la paire est repartie des Championnats d’Europe de Donaueschingen avec le titre par équipes et l’argent individuel, avant de décrocher, quatre ans plus tard à Mannheim, l’argent collectif et le bronze individuel lors du même sommet continental.
Aux Jeux olympiques d’Athènes en 2004, le parcours de Ludger Beerbaum et de Goldfever III a été marqué par une controverse majeure. Sportivement, le couple allemand a contribué à la victoire de l’Allemagne par équipes, décrochant initialement la médaille d’or. Toutefois, un contrôle vétérinaire effectué sur Goldfever a révélé la présence de bétaméthasone, un anti-inflammatoire alors classé comme médication non autorisée, mais non comme substance dopante au sens strict du règlement de l’époque. À la suite de ce contrôle, Ludger Beerbaum a été disqualifié de l’épreuve individuelle, ce qui a entraîné la perte de la médaille d’or par équipes pour l’Allemagne, finalement rétrogradée à la médaille de bronze. En finale de la Coupe du monde, le meilleur résultat du duo est resté la quatrième place obtenue à Las Vegas en 2000.
En 2021, à l’occasion du trente-troisième épisode de Légendes Cavalières, celui que l’on surnomme le Kaiseravait expliqué: “En 2001, 2002 et 2003, Goldfever était au meilleur de sa forme et, durant cette période, il a notamment remporté deux fois le Grand Prix d’Aix-la-Chapelle. Il a clairement été l’un des chevaux les plus importants de ma carrière. En termes de compétitivité, il a probablement été mon meilleur cheval. Il était toujours rapide, puissant et voulait constamment aller de l’avant. Il n’avait peut-être pas l’élasticité de Ratina Z, mais il était incroyable par son esprit de compétition. Il était sans doute même plus compétitif que moi. Une médaille olympique individuelle est peut-être l’un des seuls accomplissements que nous n’ayons pas atteints.”
“Nous sommes tous très tristes aujourd’hui que Goldfever ne soit plus parmi nous, mais nous ressentons aussi une immense gratitude et une certaine fierté liées à ses succès et au temps que nous avons partagé”, a confié Ludger Beerbaum, en remerciant tout particulièrement Marie Johnson, qui s’est occupée de Goldfever durant sa carrière sportive, ainsi que Petra Schmid, qui a veillé sur lui chaque jour jusqu’à la toute fin et bien sûr Madeleine Winter-Schulze mécène historique de l’Allemand, qui était la propriétaire de l’étalon.
Après la fin de sa carrière sportive en 2009, Goldfever III s’est consacré pendant plusieurs années au sein des écuries Beerbaum, situées à Riesenbeck, avant d’y profiter ces dernières saisons d’une retraite paisible. Parmi les meilleurs descendants du puissant hannovrien, on peut notamment citer Gotha FRH (Han, Goldfever x Prestige Pilot), qui a connu de nombreux succès sous la selle de Ludger Beerbaum, puis avec le Suédois Henrik von Eckermann. Avec l’Allemand, la jument aujourd’hui âgée de vingt-cinq ans a notamment terminé deuxième de la finale de la Coupe du monde de Genève en 2010 et a été sacrée championne d’Europe par équipes à Madrid en 2011. Le Selle Français Cartier d’Argeville (SF, Goldfever x Latano I) figure également parmi ses meilleurs produits, avec de solides performances obtenues sous la selle du jeune Tricolore William Ligier de la Prade, tout comme Golden Eye (Han, Goldfever x Stakkato Gold), toujours aperçu sur les plus belles pistes internationales, notamment lors d’étapes du Longines Global Champions Tour, avec la Danoise Caroline Rehoff Pedersen.

