Dans les coulisses du Cadre noir: Guillaume Picon signe la fresque du bicentenaire

À l’occasion du bicentenaire du Cadre noir de Saumur, Guillaume Picon publie un livre intitulé Le Cadre noir, deux cents ans d’histoire. Il emmène le lecteur dans les coulisses de l’institution du Maine-et-Loire, de sa création à sa mission actuelle de défense de l’équitation de traditions française, désormais inscrite au patrimoine immatériel de l’UNESCO.



Entrer dans ce livre, Le Cadre noir, deux cents ans d’histoire, c’est pousser une porte habituellement réservée aux écuyers: celle qui mène aux coulisses du Cadre noir. On y circule comme dans un manège silencieux avant la représentation, au milieu des harnachements impeccables, des gestes millimétrés et de cette rigueur qui ne s’exhibe jamais mais se ressent partout. Aux commandes de cette exploration précise et sensible: Guillaume Picon, historien reconnu, spécialiste de l’archive, du détail et de la transmission qui signe, sur plus de deux cents pages, l’un des ouvrages les plus complets jamais consacrés à Saumur.

Dans son récit nourri de documents rares, de gravures anciennes et de photographies inédites, Guillaume Picon remonte jusqu’aux prémices du Cadre noir au tournant des XVIII? et XIX? siècles. D’entrée de jeu, on y croise Jean-Baptiste Cordier, premier écuyer en chef, dont le Cours d’équitation militaire pose d’emblée les fondations de cette équitation de précision et de légèreté. Le décor est alors planté: chaque pratique, chaque figure, chaque principe reprend vie, comme si l’auteur permettait au lecteur de se glisser derrière la tenture pour observer les maîtres à l’œuvre. Les textes descriptifs, précis, alternent avec l’iconographie dense, amenant le lecteur à se promener entre recueil et album. 



Un théâtre où se joue l’art équestre français

Dans ce livre, le Cadre noir n’apparaît pas seulement comme une école, mais comme un véritable laboratoire du geste juste. Garant de l’équitation de tradition française, inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO depuis 2011, le Cadre noir est décrit comme une scène où s’élabore une relation singulière entre l’homme et le cheval, faite de finesse, de sobriété et d’une quête permanente de légèreté. L’auteur montre comment, depuis deux siècles, les écuyers travaillent à invisibiliser la contrainte, jusqu’à créer cette équitation où le cheval se donne sans résistance dans une esthétique qui distingue la tradition française sur la scène internationale.

Il interroge également diachroniquement sur l’institution: son passage sous l’autorité de l’École nationale d’équitation en 1972, le développement de ses galas, et surtout la diffusion mondiale de son équitation si particulière. Des photographies contemporaines répondent aux archives anciennes pour souligner la continuité du geste et la précision du style. On retrouve les airs relevés, les longues rênes académiques, les sauts d’école – courbette, croupade – et tous les éléments qui composent l’identité du Cadre noir.



Une immersion totale dans un patrimoine vivant

Le livre met en lumière les détails qui font la signature de Saumur: les étriers “à la française”, la selle à piquer, les bottes réglementaires ou encore le célèbre nattage de l’écuyer en chef. Autant de signes distinctifs qui rappellent que le Cadre noir est le symbole d’un patrimoine vivant. Les chapitres consacrés au patrimoine immatériel rappellent également pourquoi l’UNESCO voit dans la pratique de l’institution saumuroise la plus haute expression de l’équitation de tradition française.

Avec ce livre dense, richement illustré et documenté, Guillaume Picon ouvre les portes d’un monde d’excellence, où discipline, harmonie et sens du détail guident chaque reprise.
Pour le bicentenaire du Cadre noir, Deux cents ans d’histoire s’impose comme une synthèse, moderne, magistrale: une plongée au cœur d’un art équestre unique, transmis sans relâche depuis deux siècles et toujours en mouvement.