Charlotte Fry l’emporte en ouverture de la finale de Bâle, où Corentin Pottier frappe très fort
Grands favoris pour la finale de la Coupe du monde de Bâle, Charlotte Fry et Glamourdale ont remporté le Grand Prix d’ouverture de la compétition aujourd'hui malgré quelques accrocs. La sensation de l’épreuve a été créée Cotentin Pottier, excellent quatrième avec Gotilas du Feuillard, qui lui a permis de présenter l’une des reprises les plus applaudies de l’après-midi et de décrocher un record personnel. Entre ces deux couples, on retrouve sur le podium Isabell Werth et Isabel Freese, avec Quantaz et Total Hope.
Quelles montagnes russes émotionnelles ont vécu Corentin Pottier et son entourage depuis hier! En très bonne forme hier matin, Gotilas du Feuillard, le partenaire du Francilien a trébuché à la fin d’une séance de travail, et n’a pas été accepté à la première inspection des chevaux de la finale de Coupe du monde de dressage, tenue hier après-midi. Après avoir subi des examens complémentaires ayant permis de s’assurer de sa bonne santé, le fils de Totilas a été referré par l’excellent maréchal du concours ce vendredi. Il a passé la réinspection sans souci et a ainsi pu s’élancer comme prévu à 16h04 dans le Grand Prix d’ouverture de l’événement bâlois, où le couple de Pamfou Dressage a frappé très fort. Tous deux ont présenté une reprise très harmonieuse, marquée de belles transitions fluides, notamment entre le piaffer et le passage. Comme très souvent, le duo a aussi proposé des lignes de changements de pied très réussies, dans un excellent équilibre montant et avec beaucoup d’énergie. “J’ai réalisé la meilleure reprise de toute ma vie”, s’est exclamé un Corentin Pottier au bord des larmes en sortie de piste. Et le cavalier ne croyait pas si bien dire! Avec 74,283%, il s’est offert un nouveau record personnel, doublé d’une superbe quatrième place, performance plus vue de la part d’un représentant français depuis longtemps en finale de la Coupe du monde.

Corentin Pottier a frappé fort à Bâle avec Gotilas du Feuillard!
© Mélina Massias
Grande favorite pour cet événement avec son double champion du monde Glamourdale, Charlotte - Lottie - Fry a été à la hauteur des espoirs placés en elle. L’étalon noir de quatorze ans ne s’est pas montré parfaitement disponible dans le reculer, et est franchement passé derrière les jambes de sa cavaière dans la première session de passage, ce que la Britannique a attribué à une inquiétude du KWPN face au mur de fleurs rouges. Comme toujours, le fils de Lord Leatherdale ans – qui n’a pas toujours semblé à l’aise avec le contact – a été l’auteur de changements de pied aux deux temps extrêmement expressifs, tout comme son galop allongé, où il prend l’allure d’un hors-bord mais pourrait étendre un peu plus son attitude, et qui a ébahi un public pourtant peu prompt à l’enthousiasme. La figure de proue actuelle du dressage anglo-saxon est sortie de piste avec une moyenne de 77,152%. Sa réaction est disponible ici.
Disputant ce week-end sa vingt-sixième finale de la Coupe du monde (!) avec Quantaz, qui lui avait permis de terminer troisième de ce championnat indoor en 2023 et en 2024, Isabell Werth a délivré une reprise très contrôlée. Semblant plus à son écoute que lors de leur dernière sortie, le hongre a, en revanche, parfois manqué d’énergie, et aurait pu utiliser plus son dos dans certains exercices. Une généreuse moyenne de 74,848% lui a permis de prendre la deuxième place, juste devant Total Hope, le cheval d’Isabel Freese. Ce second étalon noir n’est autre qu’un fils de Totilas et de Weihegold, qui a permis à Isabell Werth de remporter trois finales de la Coupe du monde, et montre un talent similaire à ses parents pour les airs relevés. Lui aussi a présenté ses lignes de changements de pied dans un équilibre très montant, et a brillé au galop allongé. Il a récolté 74,413% de la part des juges, soit la troisième place. La quatrième est donc revenue à Corentin Pottier, mais aussi à la Polonaise Sandra Sysojeva, qui a terminé avec le même score, au millième de point de pourcentage près, que le Francilien. Elle était évidemment associée à Maxima Bella, l’une des révélations de ces derniers mois dans le monde du dressage, mais qui a déjà énormément concouru du haut de ses neuf ans.
De son côté, Pauline Basquin, meilleure Française au classement mondiale actuelle et notamment sortie victorieuse de l’étape de la Coupe du monde de Madrid à l’automne dernier, s’est classée dixième. Semblant un peu tendu en début de prestation, son Sertorius de Rima*IFCE a semblé trouver du relâchement au fur et à mesure de la reprise, mais une faute de compte dans le zig-zag d’appuyers au galop a impacté négativement le score de l’écuyère du Cadre noir, qui a tout de même obtenu 72,348%. La réaction de la Tricolore est disponible ici.