Des cavaliers, encadrants et élus fédéraux mobilisés pour une nouvelle olympiade pleine d’ambitions
En début de semaine, le nouvel encadrement fédéral de concours complet a organisé un regroupement d’une quinzaine de cavaliers au Parc équestre fédéral de Lamotte-Beuvron, posant ainsi les bases d’un projet sportif qui les mènera jusqu’aux Jeux olympiques de Los Angeles 2028. Hier, la matinée d’entraînement de saut d’obstacles était ouverte à la presse. Ce fut l’occasion d’évoquer le plan d’action fédéral pour le développement de la discipline.
Après des regroupements organisés au Pôle France FFE de concours complet, sur le site saumurois de l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE), le mois dernier, pour préparer le Grand National FFE/AC Print sur le même site, cavaliers, chevaux et encadrants se sont retrouvés pour trois jours de stage au Parc équestre fédéral, siège de la FFE à Lamotte-Beuvron. “L’objectif premier était de rassembler la quinzaine de cavaliers qui visent une sélection aux championnats d’Europe de 2025. Cela a aussi permis de commencer à poser les bases d’un projet sportif sur quatre ans, jusqu’aux Jeux olympiques de Los Angeles. Nous avons travaillé tous les aspects techniques en dressage et saut d’obstacles, mais aussi beaucoup échangé avec les participants, Frédéric Bouix, président de la Fédération française d’équitation, et Sophie Dubourg, directrice technique nationale”, pose Martin Denisot, conseiller technique national en charge du concours complet.
Sébastien Cavaillon, Luc Château, Alexis Goury, Karim Laghouag, Stéphane Landois, Gireg Le Coz, Héloïse Le Guern, Camille Lejeune, Gaspard Maksud, Benjamin Massié, Astier Nicolas, Fabrice Saintemarie et Louis Seychal ont évolué en dressage sous les yeux des entraîneurs fédéraux Philippe Limousin et Amélie Billard, accompagnés du technicien allemand Christoph Hess, déjà aux côtés de l’équipe de France depuis deux saisons. L’accent a été mis également sur le test de saut d’obstacles, grâce aux conseils avisés de Pascal Henry, entraîneur fédéral, et du Néerlandais Henk Nooren. “Christoph et Henk sont des intervenants extérieurs que nous connaissons bien et avec lesquels nous avons l’habitude de travailler. Leur présence nous permet de rester connectés à la concurrence étrangère, d’avoir une vision globale sur l’évolution de l’équipe de France et de nous aider à tout optimiser”, précise Jean-Luc Force, qui a succédé à Thierry Touzaint en tant que sélectionneur national.
Tous les aspects de la performance ont été pris en compte avec des sessions de préparation mentale organisées avec Franck Larrey, membre du réseau fédéral des accompagnants en psychologie du sport et préparation mentale (APSPM), et de préparation physique avec Charles Le Navenec, préparateur physique des équipes de France et réathlétiseur. Éric Favory, médecin de l’équipe de France, était présent, tout comme Alexis Moreau, posturologue. En ce début de saison, l’attention a également été portée sur l’état de forme des chevaux, qui ont été vus par Xavier Goupil et David Germain, respectivement vétérinaire et maréchal-ferrant de l’équipe de France, à dix jours du championnat de France.
“Nous sommes entre le Grand National de Saumur et le Master Pro de Pompadour, avec l’objectif de réaliser un diagnostic à 360° de toutes les problématiques que peuvent rencontrer nos athlètes par rapport à leur saison sportive et leurs ambitions, afin de construire les prochaines années jusqu’aux Jeux olympiques de Los Angeles”, détaille Jean-Luc Force. Je suis heureux d’œuvrer avec ce collectif d’intervenants très motivés et de cavaliers qui semblent adhérer au projet proposé. Concernant les forces en présence, nous avons proposé à des cavaliers, qui n’ont pas forcément l’habitude de venir sur ces stages-là, de participer pour prendre conscience des attendus à ce niveau-là, car certains tutoient le haut niveau mais ne sont pas forcément organisés pour performer dans la durée. L’année 2025 est une année de transition dans laquelle il faut faire émerger de nouveaux couples et préserver les anciens. Globalement, tout le monde est en forme. Il faut se donner le temps de laisser rebouillir un peu la marmite avant de chercher à faire émerger la partie haute. Le Master Pro participe complètement à la construction de cette hiérarchie au sein de la discipline. Cette épreuve sera exigeante et nous donnera un certain nombre d’idées sur la suite de la saison, qui nous mènera jusqu’aux championnats d’Europe à Blenheim, du 17 au 21 septembre. Ils ne seront pas qualificatifs pour les JO, mais nous voulons montrer que les Français sont toujours présents. L’objectif est d’aller chercher une médaille dès cette année.”
Des cavaliers motivés
Karim Laghouag, triple médaillé olympique par équipes, affiche sa motivation: “C’est agréable de vivre cette passation, le passage de l’ère ‘Touzaint’ à l’ère ‘Force’. Une page s’est tournée, de la plus belle des manières, avec une médaille. La barre est haute, je suis super content de vivre ces moments. Tout le monde est motivé, à fond. Concernant le saut d’obstacles, j’avais déjà travaillé avec Henk Nooren, dont j’aime beaucoup l’approche. Je connaissais peu Pascal Henry. Ils sont dans la même veine et s’entendent très bien. Avec eux, le travail est fondé sur l’exactitude de chaque mouvement, la préparation des foulées, la position des cavaliers, la respiration, le contact avec le cheval. Ils identifient ensuite les points à travailler pour chaque cavalier. Triton Fontaine (propriété de Philippe Lemoine, Guy Bessat, de Camille Laffitte et de l’écurie Karim Laghouag, ndlr) va super bien, tous les voyants sont au vert. L’objectif des championnats d’Europe de Blenheim me tente bien. C’est un beau concours, avec un château magnifique. Il ne faudrait pas qu’il pleuve trop, puisque comme tous ces concours à l’anglaise, il n’y a que de l’herbe, pas de sable. Vu la topographie très vallonnée, le cross sera dans tous les cas un peu exigeant sur le plan cardio. J’ai la chance d’avoir Triton, qui est à 87% Pur-sang, ce qui aide pour monter les côtes!”
Stéphane Landois, coéquipier de Karim Laghouag aux Jeux de Paris, se prépare à vivre une saison moins exposée: “Fibonacci de Lessac*HDC (propriété du haras des Coudrettes, ndlr) est arrivé chez moi l’an dernier, donc nous apprenons à nous connaître. Ce stage a permis d’affiner des réglages. Après cette médaille par équipes aux Jeux de Paris, je suis toujours motivé, et même plus encore parce que nous n’avons obtenu “que” l’argent. Nous avons envie de repartir pour quatre ans et d’obtenir une plus belle médaille à Los Angeles. Après avoir participé une fois aux Jeux, j’ai envie d’y retourner et nous allons nous donner les moyens d’y aller. Nous avons un nouveau staff depuis le début de l’année, ce qui est très plaisant. Nous essayons d’avancer tous dans la même direction, sans oublier ce qui a été fait de bien et sur lequel on va pouvoir capitaliser.”
Pour Fabrice Saintemarie, ce regroupement fédéral était une première: “Réussir à intégrer un tel stage est un vœu que j’ai depuis très longtemps, afin de voir ce qu’est vraiment l’équipe de France. Je suis comme un petit garçon qui découvre de nouvelles choses, c’est vraiment très intéressant. Beaucoup de personnes sont là pour nous aider, à pied comme à cheval, sur notre posture, pour rester en bonne santé et que notre corps soit le plus relâché possible… Il y aussi d’autres apports techniques avec Christoph Hess et Henk Nooren, dans le prolongement de ceux apportés par l’encadrement pendant les stages à Saumur. Je suis très heureux et remercie la Fédération de nous permettre de vivre ces moments et de bénéficier de cet accompagnement.”
L’intégralité des encadrants fédéraux de concours complet Jeunes et Seniors se sont rassemblés à Lamotte. “Nous sommes convaincus que la construction du cavalier se fait dès les catégories Jeunes”, débute Martin Denisot. “Nous avons souhaité que l’ensemble de nos staffs Poneys, Juniors et Jeunes cavaliers participent à ce stage afin de suivre la même ligne directrice sur le plan technique. C’est un peu une formation continue pour ensuite intervenir auprès de nos jeunes. L’idée est d’accompagner ces staffs qui, eux, seront aux côtés des cavaliers dans leur transition d’une catégorie à une autre. L’un de nos projets vise à constituer un nouveau groupe, post Jeunes Cavaliers, composé de cavaliers âgés de vingt-deux à vingt-cinq ans. Nous voulons garder les portes ouvertes d’une catégorie à l’autre et montrer que chaque transition est accompagnée, suivie, avec un état d’esprit et une ligne technique conservés.”
Un plan d’action fédéral pour le concours complet
Après avoir remercié les cavaliers, leur entourage et l’encadrement technique, Frédéric Bouix a effectué un point d’étape un trimestre après sa prise de fonction. Dès ce début d’olympiade, le nouveau président et les élus du comité fédéral “ont souhaité une action forte pour relancer la dynamique autour des compétitions avec un focus sur le concours complet”. Un plan d’action est en construction, dont l’objectif est d’impulser un nouvel élan pour rassembler tous les acteurs – cavaliers, organisateurs, officiels de compétition et autres – et favoriser le développement de la pratique. “Il faut être attentif à l’ensemble de la structuration de cette discipline, qui reste fragile, parce que les compétitons sont plus compliquée à organiser que celles d’autres sport. Cela nécessite plus de temps, des infrastructures plus lourdes, le tout avec une moindre fréquence de participation par rapport à d’autres disciplines. Ce ne sont pas les mêmes équilibres économiques, ni pour les cavaliers, ni pour les propriétaires, ni pour les organisateurs. Si nous voulons que le complet perdure, nous devons cibler des efforts particuliers, y compris financiers, avec l’aide de l’État, des collectivités et de la filière (via le Fonds EPERON, ndlr). Par ailleurs, nous allons pérenniser le Club des Propriétaires, initié pour Paris 2024, afin de continuer à leur faire vivre leur sport aussi bien que possible. Nous les remercions évidemment pour leur investissement.” Le président de la FFE a également évoqué la formation des enseignants et la rénovation du brevet d’État, au programme duquel la technique équestre reprend une part prépondérante, avec une épreuve d’équitation d’extérieur.
La formation de tous les acteurs est également un sujet qui tient à cœur à la nouvelle équipe fédérale. L’occasion pour Sophie Dubourg de mentionner le Plan Coach 2032: “Nous souhaitons favoriser la montée en compétences de tous depuis la base, les cavaliers bien sûr, jusqu’au plus haut niveau, mais surtout les enseignants, puis les coaches et entraîneurs nationaux. À travers le Plan Coach 2032, nous voulons tout faire pour élever le niveau de compétences de tout l’encadrement. L’idée est de capitaliser sur tout l’apport technique de nos entraîneurs de renommée mondiale, souvent étrangers, dans lequel la Fédération a investi. Nous devons faire grandir nos coaches français, construire et former nos entraîneurs de demain.”
Outre l’accompagnement du sport de haut niveau, Martin Denisot a été missionné par Frédéric Bouix et Sophie Dubourg pour construire et mener un projet de développement, dont les premiers travaux ont déjà débuté avec le soutien de la commission fédérale de concours complet, présidée par Mathieu Grasset, organisateur du CCI de Bazoges-en-Pareds, et de Laurent Boyer, élu référent au sein du Comité fédéral. “Dès le mois d’avril, nous allons entamer un tour des régions à la rencontre des organisateurs de tout niveau d’épreuves, pas uniquement internationales. Nous proposerons également des soirées, par exemple interdépartementales, pour échanger sur le terrain avec ceux qui organisent des concours complets ou qui en ont organisé et ont arrêté, afin d’être à l’écoute de leurs problématiques”, explique Martin Denisot. “Notre voulons mettre en œuvre un plan d’action assez rapidement et que la Fédération puisse accompagner, y compris financièrement, l’amélioration, l’aménagement, la construction de terrains, notamment de cross. Plus qu’un accompagnement financier, il s’agit d’écrire aussi des histoires avec ces organisateurs grâce à un projet sportif dans la durée, qu’ils puissent organiser des compétitions de différents niveaux et être des supports pour la formation des cavaliers et des enseignants. Nous sommes conscients que la discipline rencontre certaines difficultés économiques, climatiques, sécuritaires, etc. Pour autant, nous nous tournons positivement vers l’avenir avec la volonté d’y apporter des solutions. Pour cela, nous souhaitons associer toutes les personnes qui voudraient nous y aider. Nous allons aussi nous appuyer sur une commission fédérale forte ainsi que sur les correspondants régionaux. Chaque comité régional d’équitation va nommer prochainement un référent en concours complet. Ce réseau est essentiel pour mutualiser les bonnes actions et relancer la dynamique du complet sur tous les territoires.”
Quant aux meilleurs couples français, ils se retrouveront du 3 au 5 avril à Pompadour, en Corrèze, sous l’œil de l’équipe fédérale d’encadrement, à l’occasion du Master Pro de complet.